Guardi, sérénissime peinture ancienne

Le 17 décembre 2020, par Anne Doridou-Heim

La Giudecca était mise en lumière par le pinceau de Francesco Guardi et le fils du Régent retrouvait les salons de Versailles.

Francesco Guardi (1712-1793), Venise, vue de l’église des Zitelle sur la Giudecca, huile sur toile, 30,5 44,5 cm.
Adjugé : 253 200 


Tableaux anciens et modernes, objets d’art et d’ameublement de choix menaient l’après-midi à un résultat total de 778 260 €. Le prix de 253 200 € se déposant au bord de ce canal vénitien y contribuait évidemment. Tout dans ce Venise, vue de l’église des Zitelle sur la Giudecca (déjà reproduit page 55 de la Gazette n° 43, voir l'article La Giudecca vue par Francesco Guardi) «respire» l’art de Francesco Guardi, qui élabora une véritable poésie picturale de la Sérénissime du XVIIIe siècle, dévoilant tous ses aspects, son caractère, sa vie… Cette huile sur toile mêle avec talent réalisme des bâtiments, sens aigu du raffinement, effets d’atmosphère annonçant le romantisme et lumière déjà préimpressionniste. Au chapitre des modernes, deux panneaux d’Eugène Boudin fleuraient bon la Bretagne pour l’un – Plougastel, le bac (20,5 36,5 cm) à 41 778 € – et sa Normandie bien-aimée pour l’autre – Deauville, le bassin (33 41 cm) à 44 310 €. Deux préemptions venaient également récompenser ce programme de qualité. À 31 650 €, le château de Versailles emportait en toute logique le Portrait de Louis d’Orléans, fils du régent (voir page de droite) peint vers 1730-1740 par Charles-Antoine Coypel. Coypel était le premier peintre du duc d’Orléans et, à ce titre, livra plusieurs représentations de son protecteur. Celle-ci est inédite mais l’établissement public détient un dessin préparatoire attestant de l’existence d’une version où le modèle apparaît jusqu’aux genoux. C’était ensuite au tour du musée Fabre de Montpellier, toujours aussi actif et à l’affût, de décrocher à 7 342 € un trompe-l’œil figurant le comte de Caylus (62,5 127 cm) par Jean Coustou (1719-1791), une toile datée 1778. L’artiste va ainsi retrouver sa ville d’origine, celle qu’il rejoignit en 1738 après une formation à Paris, dans l’atelier de Jean II Restout, pour en devenir le premier peintre.

Charles-Antoine Coypel (1694-1752), Portrait de Louis d’Orléans, fils du Régent, vers 1730-1740, huile sur toile, 87 x 67 cm. Adjugé : 31 

Charles-Antoine Coypel (1694-1752), Portrait de Louis d’Orléans, fils du Régent, vers 1730-1740, huile sur toile, 87 67 cm.
Adjugé : 31 650 
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