Les mouvances abstraites de Behjat Sadr

Le 24 septembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Juste récompense pour Behjat Sadr, pionnière de l’abstraction iranienne et fleuron de la collection d’un couple d’esthètes parisiens.

Behjat Sadr (1924-2009), Sans titre, 1974, huile sur aluminium, 70 100 cm.
Adjugé : 153 403 

Au printemps-été 2014, le musée d’Art moderne de la Ville de Paris proposait une exposition ambitieuse. Intitulée «Unedited History - Iran 1960-2014», elle invitait le public français à poser un nouveau regard sur une génération qui a su s’affranchir des codes et jeter les bases d’une culture visuelle moderne en repensant la manière dont s’est écrite l’histoire politique et culturelle de son pays. Le travail de Behjat Sadr, une figure déjà historique, y était présenté. Cette femme a osé doublement s’émanciper, d’une part d’une tradition picturale caractérisée dans les années 1950 par une esthétique religieuse, ensuite d’un monde de l’art dévolu aux hommes. Elle fait le choix de l’abstraction et d’une peinture sombre, souvent monochrome. Son pinceau glisse sur le support métallique – l’aluminium, son médium préféré – en mouvements larges et vifs formant des ondulations et donnant de la profondeur, faisant apparaître une composition et mouvante. Cette huile Sans titre de 1974, retenue à 153 403 € – un résultat qui lui vaut un record français (source : Artnet) –, en présente toutes les caractéristiques. Dans la préface du catalogue d’une exposition de ses œuvres, organisée à la galerie Cyrus à Paris en 1975, le critique Michel Tapié définissait ainsi son travail : «Sadr nous enchante dans la qualité continue d’une métaphysique de la matière actualisé depuis Dada…» Le couple de collectionneurs possédait également une sculpture cinétique, intitulée No. 234 (119 276 cm) et de 2010, de la jeune Rana Begum (née en 1977), composée de vingt-huit éléments d’aluminium et décrochée à 10 403 €. L’artiste née au Bengladesh, vivant et travaillant à Londres, est une autre de ces femmes d’Orient qui bousculent les règles.

Panorama (après-vente)

Une maison éclairée grâce à Maison Charles

Cette lampe en acier chromé  de la maison Charles éclairait un intérieur de caractère dans un ancien atelier d’artiste de la cité Malesherbes : celui de Georges de Feure.

Un couple d’esthètes avait créé un intérieur de caractère dans un ancien atelier d’artiste de la cité Malesherbes : celui de Georges de Feure. Ces deux collectionneurs l’avaient meublé de pièces choisies avec goût et originalité, à l'image de la paire de larges fauteuils Schuss, à structure en acier chromé et assise en cuir (60 90 83 cm, voir l'article De curiosités en découvertes de la Gazette n° 31, page 48), retenue à 5 203 €. Un travail des années 1970, comme cette lampe en acier chromé à six lumières tubulaires biseautées (h. 71 cm). Ce modèle de la maison Charles, l’une des entreprises familiales de luminaires les plus anciennes toujours en activité, s’éclairait d’une enchère de 6 438 €, le jeudi 17 septembre à Drouot chez Millon (M. Fourtin).

jeudi 17 septembre 2020 - 16:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Millon
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