Trésors d’un collectionneur italien, de la Sérénissime aux Pays-Bas

Le 28 mai 2020, par Philippe Dufour

Dans l’appartement de l’île Saint-Louis de ce Vénitien, deux objets évoquaient l’histoire tumultueuse de la cité de la lagune, tandis que l’art de vivre hollandais s’épanouissait sur une toile d’Hendrik Schoock.

Hendrik Schoock (1630-1707), Nature morte à la corbeille de fruits et fleurs sur un entablement, huile sur toile, 99,8 87 cm.
Adjugé : 70 528 

Rappelant les origines de leur propriétaire, une suite de cinq toiles de l’école vénitienne dépeignait L’Ordre de Saint-Étienne triomphant sur la flotte turque (98,5 142 cm chaque). Ayant fait partie de la collection de Charles de Beistegui, ces scènes sont identiques aux planches d’un ouvrage sur ces batailles paru en 1701 et écrit par Fluvio Fontana, I Pregi Della Toscana Nell’imprese Più Segnalate de Cavalieri Di Santo Stefano. L’ensemble attendu autour de 20 000 € changeait de mains contre 60 160 €. Plus pacifique, l’art des maîtres verriers a brillé à Venise dès le Moyen Âge, et devait donner ses chefs-d’œuvre à la Renaissance comme en a témoigné ici une gourde de pèlerin du début du XVIe siècle. Cette dernière (h. 31 cm) est en verre cristallin soufflé, émaillé et doré, son décor étant formé de feuilles d’or gravées et pastilles en application teintées en rouge, vert, bleu et blanc. Pour cette rare production de Murano – dont deux exemplaires similaires sont conservés au musée du Louvre à Paris, mais aussi à la cathédrale d’Apt –, il fallait compter 29 440 €. Cependant, c’est plus au nord qu’il fallait aller chercher le véritable champion de la session, qui arrachait 70 528 € : le Hollandais Hendrik Schoock, natif d’Utrecht et auteur d’une Nature morte à la corbeille de fruits et fleurs sur un entablement, une huile sur toile assez imposante (99,8 87 cm). Le peintre, après avoir reçu l’enseignement de Jan Lievens et Abraham Bloemaert, connut un grand succès pour ses savants arrangements de produits des vergers et des jardins, présentés parfois sous la forme de très opulentes guirlandes. Changement radical de forme, mais point d’inspiration naturaliste, avec Line Vautrin qui a imaginé vers 1960 un miroir circulaire dit «sorcière» ; du modèle «Hérisson», il est naturellement en résine de Talosel et couronné de pastilles de verroterie teintée vert (24,5 21 cm, diam. 17 cm). Signée au revers, la pièce scintillante ne réfléchissait pas moins de 42 240 €.

samedi 23 mai 2020 - 14:00 - Catalogue
33, rue Demées 61000 Alençon
Orne Enchères
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