Carstian Luyckx, une nature bien vivante

Le 05 mars 2020, par Sophie Reyssat

Le pinceau de l’artiste flamand a rendu ces fleurs du XVIIe siècle immortelles.

Carstian Luyckx (1623-1670), Guirlande de roses, œillets, fleurs d’oranger, papillons et insectes, panneau de chêne, signé, 49 38 cm.
Adjugé : 80 000 

Avec le spécialiste des fleurs Philip de Marlier, auprès duquel il a débuté, Carstian Luyckx a été à bonne école. Il a ensuite étudié auprès de Frans Franken III, qui lui a ouvert d’autres horizons. Devenu maître à Anvers, en 1645, son succès lui a ainsi gagné les faveurs du roi d’Espagne. Le peu d’informations sur sa vie et ses œuvres –essentiellement des natures mortes, comprenant des mises en scène de fleurs et de fruits, de gibier et de poissons, et des vanités – n’ont pas empêché son bouquet raffiné d’être emporté à près du triple de son estimation. À cette fragile floraison, butinée par des papillons tout aussi éphémères, faisait écho une mise au tombeau sculptée dans le Brabant, peut-être à Bruxelles, dans le dernier tiers du XVe siècle. 26 250 € attendaient cet élément de retable en chêne polychrome (43 44 15 cm), montrant le Christ déposé dans sa sépulture par Joseph d’Arimathie et Nicodème. Bien que dramatique, la scène est traitée tout en retenue, avec une Marie-Madeleine gracieusement éplorée et une Vierge affligée délicatement soutenue par saint Jean. À l’opposé, un irrépressible souffle de vie anime Loïe Fuller dansant, l’égérie immortalisée dans le bronze doré par Raoul-François Larche vers 1900 (1860-1912). Magicienne de la lumière, avec laquelle elle joue grâce à ses voiles, la chorégraphe devient ici la Fée électricité en prêtant son corps à une lampe fondue par Siot. À 25 000 €, hommage était rendu à cette icône du «siècle nouveau». Le succès de la sculpture concernait également une coupe libatoire en corne de rhinocéros, avec un résultat similaire. Un artiste chinois du XVIIIe siècle l’a animée de qilong et de lingzhi (12 15,4 cm). Deux surprises sont à signaler : les 17 500 € obtenus par une lampe bouillotte du XIXe siècle, dont le fût de bronze en vase fleuri soutient un abat-jour en tôle peinte orné de putti, et les 12 500 € requis pour une chapelle liturgique en vermeil aux armes de Mathieu de Montmorency-Laval, réalisée par Jean-Charles Cahier, orfèvre du roi sous la Restauration. Le vase de Gallé ne trouvait pas preneur.

Panorama (après-vente)

Attribuée à Gilles Joubert

Cette commode d’époque Louis XV est attribuée à Gilles Joubert.

À 28 125 €, le succès était au rendez-vous pour cette commode galbée légèrement cintrée d’époque Louis XV, couverte d’un plateau de marbre rouge griotte et marquetée de bois de rose dans des encadrements de bois de violette (83 102 63 cm), présentée à Saint-Cloud le dimanche 1er mars (Le Floc’h OVV. Cabinet Authenticité). Attribuée à Gilles Joubert, elle est à rapprocher de modèles de l’ébéniste présentant des bronzes similaires, tant au niveau du cartouche central, de la baguette d’encadrement composée de joncs feuillagés et des écoinçons, que des éléments de côté. Principal fournisseur de la couronne à partir de 1751, Joubert a notamment collaboré avec Criard, RVLC et Marchand pour parvenir à livrer près de 4 000 meubles.

dimanche 01 mars 2020 - 00:00 - Live
1 ter, boulevard de la République 92210 Saint-Cloud
Le Floc'h
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne