Cecco di Pietro en odeur de sainteté

Le 30 septembre 2020, par Sophie Reyssat

Cecco di Pietro s’inspire de la tradition siennoise du XIVe siècle pour cette gracieuse Vierge à l’Enfant.

Cecco di Pietro (1330-1402), Vierge à l’Enfant, Pise, vers 1365, tempera et feuille d’or sur bois de peuplier, 110,8 63,2 cm (surface totale).
Adjugé : 182 000 


Cette Vierge à l’Enfant de Cecco di Pietro (voir l'article Le grand tour de la Renaissance de la Gazette n° 31, page 20 et suivantes) était saluée à 182 000 € pour son raffinement, notamment la finesse du rendu des carnations, la subtilité des broderies en or et la luminosité des couleurs. Réalisé vers 1365, ce panneau illustre le début de la carrière de l’artiste, influencé par les modèles siennois. Assez rare sur ce type de représentation, la bénédiction tirée de l’Évangile de Matthieu, figurant sur le rouleau tenu par Jésus, suggère une réalisation pour la chapelle d’un hôpital. Changement de style avec Le Trébuchet, une toile faussement innocente peinte par François Boucher et son atelier, et emportée pour 68 900 €. Ce nom, qui désigne un piège à oiseau, tendu ici par un homme et une femme guettant leurs proies, a également été donné à une petite pièce proche de l’appartement de Louis XV à Versailles, où des valets conduisaient de belles jeunes femmes destinées à tomber dans les filets du roi. On se plaît ainsi à voir Cupidon en lieu et place du bambin appuyé sur les genoux de la paysanne du tableau. Réalisé vers 1730-1737, sans doute pour orner le dessus-de-porte d’un cabinet particulier, comme le laisse penser son format (102 100 cm), il est à rapprocher de l’œuvre peinte par Boucher pour le cabinet de retraite du roi à Fontainebleau. Autre allusion royale, un coffre de voyage aux armes de la reine Marie Leszczynskaprenait la route pour 14 300 €. Vers 1750, son âme de bois a été gainée de maroquin par Antoine Lauson, dont il porte la marque, puis doré aux petits fers (28 57 30 cm). Malgré des restaurations et des manques, une paire d’amphores en marbre vert dépassait son estimation pour atteindre 50 700 €. De style néoclassique, décorées de godrons et ceintes d’une frise de lauriers rubanés en bronze doré sur leur piédouche, elles sont dotées d’anses ornées d’animaux marins fantastiques. Elles sont perchées au sommet de colonnes à l’imitation du marbre (h. totale : 176 cm).
 

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