Noblesse oblige

Le 10 octobre 2019, par Anne Doridou-Heim

Un inventaire à la Prévert égrenait les souvenirs d’une princesse de France conservés dans une villa majorquine, auréolés de résultats au profit de nobles causes.

Manufacture impériale de Sèvres, début du XIXe siècle, suite de neuf assiettes en porcelaine à décor polychrome central de bouquets de fleurs dans un médaillon se détachant sur un fond jaune, diam. 23,5 cm.
Adjugé : 7 596 

Il est ici question du contenu d’une villa estivale nommée «fleurs de Lys» et de souvenirs accumulés au gré de rencontres et de coups de cœur par Diane de France, duchesse de Wurtemberg (voir l'article Souvenirs d’une princesse de la Gazette no 32 du 27 septembre, page 51). Près de cinq cents lots étaient ainsi dispersés, permettant de réunir 262 985 € sur deux jours : une somme qui contribuera à financer les projets caritatifs de la fondation que la princesse soutient. Les estimations étaient particulièrement raisonnables et les surprises ne se faisaient pas attendre. Une charmante Adoration des Mages (44 33 cm) peinte sur toile et attribuée à Nicolas Loir (1624-1679) ouvrait la procession en recueillant 6 963 €. Ensuite, deux aquarelles de 2011 de Jean-Paul Agosti (né en 1948), Jardin cunéiforme (51 152 cm) et Apparition (50 50 cm), recevaient 3 292 et 4 811 € ; celles-ci étaient suivies de huit œuvres abstraites de Pierre Wemaëre (1913-2010), acquises à la galerie Guillaume à Paris et qui recueillaient entre 2 532 et 5 064 €. L’importante partie de service de table en faïence polychrome portugaise, en forme de poissons, qui illustrait l’article ci-dessus mentionné ne pouvait que plaire tant elle sentait le Sud et la mer : de fait, il a fallu jeter 4 431 € pour la prendre dans ses filets. Elle a cependant été dépassée par un modèle plus classique, celui-ci en porcelaine de Sèvres. Ces neuf assiettes à décor polychrome de bouquets de fleurs sur fond jaune (reproduites ci-dessous), appartenant à un service réalisé en 1805 et livré l’année suivante à M. de Ségur (maître de cérémonie de l’empereur Napoléon Ier), prenaient place à 7 596 €. Deux autres souvenirs historiques se glissaient dans cet ensemble. Il s’agissait d’un chevalet en bois noirci ayant appartenu à Marie d’Orléans (1813-1839), parti pour 1 266 €, et d’un bas-relief en plâtre patiné (50 80 cm) justement exécuté par la princesse, laquelle était aussi fin sculpteur, racontant un épisode de l’histoire d’Ahasvérus et reconnu à 4 431 €. Le résultat le plus élevé, 17 471 €, récompensait une sculpture en or (h. 29 cm) de la maison Chaumet des années 1970 à l’imitation de l’écorce, ornée de diamants et de rubis et enchâssant un œuf de lapis-lazuli. Le mobilier trahissait le même éclectisme : en témoignaient à 3 165 € un miroir en bois doré sculpté, un travail espagnol ou italien du XVIIIe, et à 3 798 € une paire de gaines en bois et plâtre sculpté et doré, probablement anglaises et de la fin du XVIIIe siècle.

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