Angrand, poésie cauchoise

Le 21 novembre 2019, par Sophie Reyssat

La touche impressionniste de Charles Angrand reste fidèle à sa Normandie natale.

Charles Angrand (1854-1926), Paysanne trayant une vache, huile sur toile signée et datée 1883, 54 x 65 cm (éraflure et petits manques).
Adjugé : 55 616 €

L’estimation était plus que doublée pour ce tableau de Charles Angrand, dont, précise le spécialiste de son œuvre François Lespinasse, moins de cent huiles sont connues. Il avait été acquis par l’ami du peintre Paul Dambier et depuis conservé dans sa famille. Les deux hommes se sont connus au lycée Corneille de Rouen, où ils ont été nommés aspirants-répétiteurs en 1875 et 1876. C’est au sein de cette institution dispensant aussi des cours de dessin que s’est développée la vocation artistique d’Angrand. De là, il n’a eu que quelques pas à faire pour rejoindre l’Académie de dessin et de peinture, tenue par Gustave Morin. Bien qu’expatrié à Paris en 1882, il garde le contact avec «la bonne terre normande qui n’est point paresseuse». En témoigne cette toile, annonciatrice d’autres œuvres sur le même sujet, conservées dans différents musées et collections privées. Un succès éclatant attendait également un kovsh en argent émaillé cloisonné et intérieur de vermeil, propulsé à 27 808 € sur une estimation haute de 10 000 €. Il a été réalisé par l’orfèvre Maria Semenova à Moscou, entre 1908 et 1917. Des rinceaux fleuris ornent ses godrons, rehaussés de fleurs en argent damasquiné et de cabochons de pierres dures. Un dessin original de Man Ray, réalisé vers 1937 et annoté «Reproduction interdite», était lui aussi remarqué. Il accompagnait Les Mains libres, réunissant ses illustrations et les poèmes de Paul Éluard (voir Gazette n° 39, page 127). 15 168 € étaient prononcés pour cet exemplaire.

dimanche 17 novembre 2019 - 14:30 - Catalogue
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