Piqué à Naples, exotismes de Chine et d’ailleurs

Le 31 octobre 2019, par Philippe Dufour

Éclectique, une vacation cannoise proposait arts premiers, céramiques chinoises, fauves naturalisés, et surtout un extraordinaire encrier à décor piqué.

Attribué à Giuseppe Sarao, Naples, vers 1735-1745, encrier de bureau en écaille brune à décor de piqué d’or et de nacre, l. 25, p. 21,3 cm (plateau) ; h. 7,3, diam. 5 cm (encriers).
Adjugé : 86 500 

Un ensemble composé de cinq éléments (encriers, boîtes à poudre ou à plume) posés sur un plateau (voir l'article L’art du piqué à Naples Gazette n° 35, page 120) a emporté l’adhésion de plusieurs collectionneurs dans la salle, qui ont fait monter les enchères jusqu’à 86 500 €. Un bel exploit, à partir d’une estimation maximale de 20 000 €. Il est vrai que ce nécessaire illustrait parfaitement l’art du piqué, consistant à incruster l’or et la nacre dans l’écaille ; une technique complexe élaborée, et très appréciée, à la cour de Naples à partir de 1720. Parmi ses meilleurs interprètes, appelés tartarugari, Giuseppe Sarao à qui on a attribué notre encrier de bureau. L’artisan virtuose est connu de 1730 jusqu’en 1777 – période pendant laquelle l’artefact aurait été réalisé autour de 1740. L’Asie était aussi de la fête, avec une paire de vases en porcelaine monochrome bleu de Chine, affectant le type «cong» (soit de forme quadrangulaire) ; ils datent de l’époque de Guangxu (1871-1908), et portent sa marque, deux bonnes raisons pour établir ce score de 14 000 €. Direction l’Afrique noire ensuite, avec un masque de danse, présentant un visage à l’expression hiératique, la face agrémentée de deux cornes de buffle sauvage. Provenant de l’ethnie yaouré, de Côte d’Ivoire, il date des environs du début du XXe siècle, et emportait 5 000 €. Autres animaux, mais bien réels, plusieurs fauves naturalisés, à commencer par un tigre du Bengale prenant la pose pour 18 000 €, suivi d’un guépard à 8 000 €, accompagnés d’un ours blanc du Canada (11 000 €). Au rayon mobilier, enfin, quelques lots se faisaient remarquer, dont cet imposant miroir dit «de Venise» à parcloses, à fronton et cul-de-lampe, et bien sûr, en verre gravé ; en partie d’époque XVIIIe, il reflétait 20 000 €. À ses côtés, un bureau plat de style Louis XV, d’après un modèle de Jean-François Oeben (1721-1763), et attribué à François Linke, a nécessité 8 000 €.

mardi 22 octobre 2019 - 14:00 -
20, rue Jean-Jaurès 06400 Cannes
Cannes Enchères
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