Deck, l’exotisme de la couleur

Le 19 septembre 2019, par Sophie Reyssat

Ces vases éléphants de Théodore Deck sont emblématiques de l’inventivité du céramiste du XIXe siècle.

Théodore Deck (1823-1891), paire de vases en céramique émaillée turquoise, vers 1880-1890, décor en léger relief de motifs floraux, d’éléphants et de dragons, base ajourée quadrangulaire, à bords arrondis, sur quatre pieds évasés, signés sous la base, h. 54 cm.
Adjugé : 24 700 

Théodore Deck a fait son entrée dans le monde des arts du feu au bon moment. Au milieu du XIXe siècle, la recherche de luxe de la nouvelle bourgeoisie s’accompagne en effet d’un désir d’émancipation à l’égard des styles anciens, qui faisaient jusqu’alors référence. Très en vogue, les céramiques participent pleinement à ce renouveau, dont Théodore Deck va devenir l’un des artisans les plus inventifs. L’Alsacien ouvre un atelier parisien de faïences d’art en 1856. Dès lors, il peut donner libre cours à sa créativité pour façonner des objets plaisants aux formes et aux techniques innovantes, à l’image de cette paire de vases, à panse bombée reposant sur le dos d’un éléphant. Des artistes de premier plan travaillent pour lui, et ses recherches menées à partir des techniques anciennes portent leurs fruits. Elles ont notamment pour but de perfectionner les couleurs de l’émail, pour lesquelles le céramiste prend modèle sur les faïences orientales, mais s’inspire également des pièces chinoises et japonaises arrivant en France à la fin du XIXe siècle. En témoigne la teinte éclatante de ces productions rares, évoquant le bleu persan et le bleu turquoise asiatique, mais que la postérité a rebaptisé «bleu Deck». D’autres réalisations de l’artiste sont restées dans les mémoires, comme ses fonds d’or sous couverte et ses tons de rouge «sang de bœuf». Épris d’exotisme et de nouveauté, il a puisé dans bien des styles pour créer sa propre manière, et mener la céramique sur le chemin de la modernité. Celle-ci était également représentée par deux délicats petits vases emportés pour 5 460 et 5 200 €, réalisés par le céramiste Henri Simmen et dotés de prises en ivoire par son épouse, la tabletière franco-japonaise Eugénie Jubin, également connue sous le nom de Yokohoma O’Kin.

mardi 10 septembre 2019 - 11:00, 14:00 - Live
Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle 92200 Neuilly-sur-Seine
Aguttes
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne