Le langage plastique de Jean Arp

Le 10 janvier 2019, par Anne Doridou-Heim
Jean Arp (1886-1966), Le Propriétaire du tonneau de Heidelberg, 1962, épreuve en bronze patiné d’un tirage à cinq exemplaires, fonte Georges Rudier, socle en marbre, h. 47 cm, h. totale 63 cm.
Adjugé : 110 080 €

Le critique Ionel Jianou (1905-1993), dans un ouvrage consacré à Jean Arp (Arted Paris, 1973), écrit que l’artiste «a été surtout un grand poète, hanté d’absolu, qui a cherché à réaliser dans son œuvre l’unité entre le sensible et le spirituel, l’équilibre entre l’éphémère et l’éternel». Une phrase qui résume parfaitement son œuvre et qui s’accorde avec cette épreuve en bronze d’une sculpture au titre énigmatique et d’une grande vitalité organique, Le Propriétaire du tonneau de Heidelberg. Sans doute a-t-il pensé au célèbre tonneau du château de la petite ville universitaire allemande en imaginant cette appellation, mais l’on doit se contenter de cette notion, la raison profonde n’ayant pas été donnée par son auteur. Il ne faut pas oublier qu’Arp vient du mouvement dada et que brouiller les pistes n’était pas pour lui déplaire… La ronde-bosse est venue tardivement dans son parcours, pas avant les années 1930 : l’artiste est donc déjà entré dans sa maturité. Cela se ressent ici, tant les courbes sont parfaitement maîtrisées et la surface invite à être caressée. Il fallait déposer 110 080 € pour repartir avec ce morceau poétique. Quelques numéros plus loin, une technique mixte sur papier marouflé sur toile de Hans Hartung (1904-1989), nommée Composition, 1980, recevait 31 360 €. Ce sont donc deux artistes d’origine allemande ayant effectué la plus grande partie de leur carrière en France qui occupaient ici le devant de la scène.

lundi 17 décembre 2018 - 14:30 - Live
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Muizon - Rieunier , De Baecque et Associés
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