Boucher : le talent n’attend pas le nombre des années

Le 02 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Une nouvelle œuvre inédite, cette fois de Boucher, permettait à la maison Daguerre de réussir un joli doublé après avoir magistralement adjugé Un philosophe : l’heureux géomètre, de Jusepe de Ribera, le 16 juin.

François Boucher (1703-1770), Joueur de vielle, huile sur toile, 39,5 32 cm.
Adjugé : 494 000 

À nouveau une peinture des tout débuts et à nouveau une découverte. Décidément, ce printemps particulier convient aux œuvres anciennes et de jeunesse, ce qui visiblement n’est pas antinomique ! Il s’agit cette fois d’une toile de François Boucher (1703-1770) et, ainsi que le révélait un article de la Gazette du 5 juin lui étant consacré (no 22, Avant-Première, voir l'article Un Boucher de jeunesse page 21), retrouvée dans une armoire où elle avait été reléguée sans aucune certitude sur son attribution. L’expertise a pris une fois encore toute sa dimension essentielle et l’œuvre reconnue va rejoindre les cimaises d’une galerie étrangère de renom. Un Boucher peut en cacher un autre… Quelques numéros plus loin apparaissait une sanguine de l'artiste, celle-ci parfaitement reconnaissable à son sujet charmant, traité de la plus typique des manières. Le Dîner (22 24 cm) se tenait en petit comité, mais à 35 100 € tout de même. Les amateurs n’étaient pas au bout de leurs surprises puisqu’un peu plus tard une vue de Venise, la place Saint-Marc, attribuée à Giacomo Guardi (1764-1835), voyait les enchères monter jusqu’à 169 000 €. Le jeune musicien acceptait donc avec bienveillance de partager la lumière. Il permettait encore à deux portraits de jeunes gens, séparés depuis plusieurs siècles, d’être réunis. Une jolie histoire là aussi… En mars 2019, la maison Daguerre présentait une Tête de jeune garçon, attribuée au Bolonais Giovanni Antonio Burrini (1656-1727), qui s’y faisait remarquer d’une enchère de 154 880 €. L’écho de son succès parvenait aux oreilles d’un collectionneur qui possédait une Tête de jeune fille (45 38 cm), également sur un panneau de peuplier et exact pendant de la première, dûment donnée au pinceau du maître cette fois. Toutes deux ont été acquises par la même galerie étrangère, la seconde à 52 000 € offrant à son auteur un joli doublé. De la découverte, de l’inédit, des retrouvailles : la peinture ancienne joue une bien douce musique.
 

Attribué à Giacomo Guardi (1764-1835), Venise, la place Saint-Marc, huile sur toile, 45 x 63,5 cm. Adjugé : 169 000 €
Attribué à Giacomo Guardi (1764-1835), Venise, la place Saint-Marc, huile sur toile, 45 63,5 cm.
Adjugé : 169 000 


 

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