L’incroyable collection de Roxane Debuisson. Enseignes de la 9e édition de «Paris, mon amour»

Le 28 mars 2019, par Anne Doridou-Heim
Fin du XIXe siècle. Panneaux décoratifs extérieurs de la boulangerie-pâtisserie «des statues», verre églomisé, lettres de métal doré, peinture polychrome, de forme rectangulaire, h. 228,5 à 243 cm, l. 20,5 à 49 cm.
Adjugé : 27 500 

Le succès de ces éditions consacrées à Paris ne fait que se renforcer. Vente après vente, le public se fait plus nombreux et surtout, les Parisiens, qui montrent leur attachement à leur ville et en ce moment, c’est un constat qui fait du bien… 98 % des acheteurs venaient en effet de la capitale, qu’ils soient simples particuliers curieux d’emporter un petit morceau d’histoire urbaine, institutions reconnues ou groupes professionnels. Le musée Carnavalet a préempté huit spécimens parmi le rare ensemble d’enseignes amoureusement réuni par Roxane Debuisson au fil d’une vie de déambulation, le nez en l’air, dans sa ville (voir Gazette no 10 du 15 mars, page 64). Et notamment celles du marchand d’escargots «Lazare successeurs» (12 750 €), de la maison «Au gant noir» (5 625 €), du café «À l’Auvergnat de Paris» (1 125 €) ou encore de la fabrique de lanternes et réflecteurs «L. Grimmeisen» (3 125 €). Lui échappait cependant la pièce maîtresse de poids, pourrait-on même dire avec ses 38 750 € : l’enseigne du fabricant de fournitures pour cafés et bistrots «à l’éléphant» (reproduite ci-dessus), réalisée vers 1840. Le pachyderme avait été choisi par cette maison sise en face de la place de la Bastille, en écho à la fontaine voulue par Napoléon et finalement jamais érigée chute de l’Empire faisant loi , laquelle devait être surmontée d’une sculpture colossale de l’animal. Nous reviendrons plus longuement sur les acquisition de Carnavalet, dans un article qui sera spécialement consacré à ces témoignages d’un patrimoine populaire en grande partie disparu et demain protégé dans les murs restaurés de l’institution parisienne. En octobre 1971, la collectionneuse parvient à acquérir un ensemble important de panneaux décoratifs en verre églomisé (reproduit page de gauche), ayant constitué le décor extérieur de la boulangerie-pâtisserie «des statues», sise rue de la Tombe-Issoire (14e arrondissement). Le nom du commerce de bouche fait référence à un atelier de sculptures installé dans la cour. L’immeuble qui l’abritait doit être démoli afin d’agrandir le carrefour. L’ensemble préservé rejoindra bientôt d’autres murs, après avoir été acquis à 27 500 €, obtenant le deuxième plus haut résultat. Autre pièce de choix à avoir largement dépassé les attentes, pour atteindre 17 500 € : l’ornement de fontaine de l’hôtel Raoul. Il figure une Allégorie de la source (82 104 39 cm), exécutée en terre cuite en 1837 par Jean-François Étienne Gossin. Là encore, c’est avant la démolition de l’hôtel en 1961 que Roxane Debuisson a pu intervenir pour sauver celle-ci de la destruction.
 

Vers 1840. Enseigne du fabricant de fournitures pour cafés et bistrots «à l’éléphant», zinc et tôle peints, présentant un éléphant paré, la panse abri
Vers 1840. Enseigne du fabricant de fournitures pour cafés et bistrots «à l’éléphant», zinc et tôle peints, présentant un éléphant paré, la panse abritant une horloge, 185 180 35 cm.
Adjugé : 38 750 
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