Le néoclassique de Roentgen

Le 25 septembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Un bureau à cylindre de David Roentgen invite à remonter le mécanisme bien huilé de ce grand ébéniste européen.

David Roentgen (1743-1807), vers 1785, bureau cylindre en acajou et placage d’acajou découvrant trois niches, des tablettes et des tiroirs, cinq tiroirs en ceinture, pieds gaine terminés par une olive, 113 122,5 77 cm.
Adjugé : 130 000 


La Gazette no 30 du 13 septembre vous en apprenait un peu plus sur le parcours de David Roentgen (1743-1807), un ébéniste allemand particulièrement apprécié des cours d’Europe pour ses meubles aux marqueteries virtuoses ou en acajou aux finitions impeccables, ainsi que pour leurs mécanismes parfaitement huilés, réalisés en association avec le réputé horloger Pierre Kintzing (1745-1816). Deux de ses productions se trouvaient dans cette vacation : une table d’architecte, dépliée à 50 700 €, et cet imposant bureau cylindre, honoré de 130 000 €. Il faut dire que si de certains de ses compatriotes, Roentgen ne possède pas la légèreté, la majesté de ses meubles en acajou le fait appartenir aux grands créateurs de cette fin de XVIIIe siècle. Sa production néoclassique, celle des années précédant 1789, offre un superbe travail d’ébénisterie. La Révolution française le ruinera, le privant dans un premier temps de la plus grande partie de sa clientèle, avant que ses biens ne soient saisis et ses ateliers pillés. Il poursuivra ses activités à Neuwied, mais essentiellement à destination du marché germanique.
 

Les Boulayes ou le style château

Le 25 septembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Le château des Boulayes représentait le fameux art de vivre à la française tel que ses propriétaires l’avaient voulu. Les résultats récompensaient leur goût.

Vers 1900. Paire de vases couverts à anse et leur socle en bois mouluré, sculpté et peint à l’imitation du marbre, anses en forme de serpents entrelacés, style Louis XVI, h. 219 cm (l’un reproduit).
Adjugé : 28 600 €

Dessins et tableaux anciens ouvraient le bal et retenaient l’attention d’une institution. Le musée Condé de Chantilly préemptait pour une somme modeste (650 €) une plume à l’encre noire représentant une Allégorie de la naissance de Louis Joseph de Bourbon, dernier prince de Condé en 1756. La feuille, hier anonyme, devrait retrouver son auteur… Dans ce même chapitre graphique, un ensemble de neuf gravures de l’école anglaise vers 1850, ayant pour sujets des monuments antiques, retenait 3 900 €. En revanche, le Portrait de famille de l’école madrilène vers 1780 ne trouvait pas de descendance. Objets d’art et mobilier formaient le cœur de cette réunion. Ce sont eux qui suscitaient logiquement le plus l’intérêt, avec quelques surprises, comme les 9 100 € versés sur dix assiettes de Montereau à décor polychrome des héros grecs. Avec leur fond lisse et circulaire, les assiettes sont le support idéal pour des sujets historiés, et l’on connaît l’engouement français pour la cause de l’indépendance grecque dans les années 1820. Toujours pour orner la table, une paire de candélabres en argent (poids : 7 192,4 g) d’époque Empire au poinçon du maître orfèvre Jean-Nicolas Boulanger retenait 22 750 €, et un samovar en argent avec son plateau et sa vasque (poids : 7 650 g), un travail russe de la fin du XIXe siècle, 15 600 €. Quant à la suite de vingt-quatre chaises en acajou, un ensemble réalisé par les différents membres de la dynastie Jacob et donc d’époques successives, c’est à 26 000 € qu’elle était acquise. Les propriétaires étaient collectionneurs d’objets de vitrine et de montres, au rang desquels une création londonienne vers 1750 à double boîtier et sa châtelaine en or, indiquant 8 450 €, et une boîte en or d’un orfèvre de Blois, poinçonnée entre 1809 et 1819 (poids : 204 g) et s’ouvrant à 26 000 €. Les beaux résultats d’une élégante paire de vases couverts à anse et leur socle en bois peint à l’imitation du marbre (28 600 € - L’un reproduit ci-contre) ainsi que de deux paires d’appliques en bronze ciselé et doré, exécutées d’après le modèle livré pour le salon des jeux de Marie-Antoinette à Compiègne en 1787 par Thomire (52 000 €), confortaient ceux d’œuvres d’art de style, certes, mais de grand goût.

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