Un oiseau de Picasso et une garçonne de Kelety

Le 06 février 2020, par Philippe Dufour

Avec son ambiance nocturne, son coloris sombre et son émail étincelant, ce plat évoque l’art céramique du maître solaire, mis en forme par l’atelier Madoura.

Pablo Picasso (1881-1973), Hibou brillant, plat rectangulaire en terre de faïence blanche, décor aux engobes noir, blanc, bleu et ocre, marqué au dos du cachet Madoura plein feu, modèle tiré à 450 exemplaires, 38,5 32 cm.
© Succession Picasso, 2020
Adjugé : 18 330 

Découvert en 1946 par Pablo Picasso à Vallauris, l’atelier de céramique fondé par Suzanne Douly et Georges Ramié a constitué une véritable source d’inspiration pour l’artiste, enthousiasmé par ce matériau jusque-là inconnu. En témoigne ce plat rectangulaire (38,5 32 cm), connu sous l’appellation de Hibou brillant, qui recueillait ici 18 330 €. Naturellement, il est réalisé en terre de faïence blanche et porte un décor aux engobes noir, blanc, bleu et ocre ; au dos, on déchiffre le cachet «Madoura plein feu», et «modèle tiré à 450 exemplaires». Ajoutons qu’il s’agit d’un modèle répertorié sous le n° 285 dans l’ouvrage Picasso, catalogue de l’œuvre céramique, établi par Alain Ramié (éditions Madoura, 1988). Autre figure attirante, pour 16 497 € cette fois : Cœur à prendre, un bronze chryséléphantin à patine noire et dorée sur socle en marbre beige veiné (h. 29 cm). Affichant une polychromie sur le visage, il porte la signature d’Alexandre Kelety (1900-1940), l’un des grands créateurs de ce type de sculptures fort en vogue dans les années 1920. Côté arts graphiques en revanche, le dessin de Joan Miró, Sans titre, Les Essencies de la Terra de 1968 (voir l'article Joan Miró et le lyrisme du signe de la Gazette n° 4, page 76) n’a pas trouvé preneur. Dans les écrins, brillait surtout un bracelet ouvrant en or jaune satin (poids brut : 70,60 g), entièrement ciselé et orné de décors repoussés et portant la date du «8 novembre 1897». Sur une face, s’ébattent une cigogne et ses petits ; sur l’autre, un crocodile est enchaîné près d’une jarre se déversant (15 152 €). S’y distinguait aussi une bague solitaire en platine, ornée d’un diamant demi-taille d’environ 2 ct, de couleur présumée F/G, et de pureté présumée VS2/SI1, dont la monture arbore également six diamants taille 8/8 : elle irisait à 9 165 €.

samedi 01 février 2020 - 09:00 - Catalogue
Ivoire - Hôtel des ventes de Nîmes
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