Adnet et Poillerat, magiciens des années 1940

Le 03 décembre 2020, par Philippe Dufour

Telle la demeure enchantée de la Bête, le château de S., dans la région Centre, s’ornait de quelques merveilles imaginées par les deux grands décorateurs.

Jacques Adnet (1900-1984), ensemble de douze chaises et quatre fauteuils, recouverts de tapisseries d’Aubusson figurant les mois de l’année et signes du zodiaque, cartons de Pierre Olivier, à Felletin par la manufacture Pinton, 111 51 52 cm.
Adjugé : 28 980 

Attribué à Gilbert Poillerat en raison de son style inimitable, un très poétique lustre (h. 122 cm) a longtemps illuminé un salon ; à huit bras de lumière, il est en tôle découpée et fer forgé à patine d’origine polychrome, rehaussé de dorure à la feuille. Le valeureux luminaire a été consacré vedette de la vacation, avec un résultat de 37 820 € : il faut avouer que cordelières et drapés théâtraux appuyaient sans équivoque son attribution ; et que, par ailleurs, pointait aussi un dessin préparatoire d’un modèle similaire de Poillerat, reproduit dans la somme de François Baudot consacrée au maître ferronnier (Hazan, 1992, n° 608). Quant à l’art plus épuré d’un Adnet, il était illustré par plusieurs pièces de poids, à commencer par une suite de douze chaises en chêne (111 51 52 cm), recouvertes de tapisseries d’Aubusson, exécutées sur des cartons de Pierre Oliver à Felletin par la manufacture Pinton et figurant les douze mois de l’année. Pour cet ensemble, créé pour la Compagnie des arts français, on a offert 28 980 €. Suivaient quatre fauteuils assortis, aux mêmes tapisseries, cette fois envolés à 16 380 € ; ils avaient eu les honneurs d’une reproduction dans l’ouvrage de Louis Cherronet sur l’ensemblier, paru en 1939 (pl. 39). Enfin, du même, ont été vendus deux éléments complémentaires : un buffet d’enfilade en chêne cérusé (110 300 56 cm), à 15 750 €, et une table de salle à manger similaire (74 199 98,5 cm), à 14 616 €.

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