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Jean-Baptiste Oudry, un flair de chasseur

Publié le , par Anne Doridou-Heim

La collection de dessins et tableaux anciens des époux Christian et Isabelle Adrien et leur goût pour la trouvaille étaient récompensés.

Jean-Baptiste Oudry, un flair de chasseur
Jean Baptiste Oudry (1686-1756), Le Loup et l’Agneau, huile sur toile, 49,5 61 cm.
Adjugé : 79 112 

Dans la Gazette n° 38 (voir l'article Collection Christian et Isabelle Adrien, entre dessins et tableaux anciens page 30), un Focus était consacré à cet ensemble réuni pendant près de cinquante années de vie par un couple exigeant et généreux. Il était également question de rappeler leur engagement à diffuser leur collection de tableaux et dessins anciens dans les musées, afin qu’elle puisse être vue du plus grand nombre et servir à l’histoire de l’art. Christian Adrien a surtout chiné, cherchant ce qui était mal attribué et n’hésitant pas à s’entourer de spécialistes pour se conforter dans ses intuitions. Ce sont bien Jean-Baptiste Oudry et Isaac Moillon qui ont finalement emporté les deux résultats les plus élevés, respectivement 79 112 et 40 832 €, ce qui n’est guère surprenant tant leurs œuvres étaient nanties d’un beau pedigree. Le Loup et l’Agneau sous le pinceau de l’illustrateur le plus célèbre des Fables de La Fontaine est connu par deux dessins préparatoires, conservés pour l’un au musée d’Orléans, pour le second à celui de Pontoise. Il fait écho à la dixième fable du livre I, dans laquelle un agneau malin tente d’échapper à un loup en colère en réfutant point par point ses accusations de profiter d’une eau qui n’est point sienne. Le loup l’écoute… et le mange, «La raison du plus fort est toujours la meilleure», constate le poète. Oudry fait partie de ces peintres qui ont su regarder les animaux pour ce qu’ils sont vraiment, des êtres dotés d’intelligence et de sensibilité : une nouvelle école opposée au cartésianisme qui se développe à la fin du XVIIe siècle pour ne plus cesser de progresser, ce qu’une très belle exposition au château de Versailles (Les animaux du roi», jusqu’au 13 février 2022) relate avec beaucoup de délicatesse. Un peu plus tôt dans ce Grand Siècle, une certaine peinture parisienne a pris beaucoup d’ampleur, emmenée par le coloriste Simon Vouet (1590-1649). Bien des étoiles allaient émerger dans son sillage, ayant pour noms par exemple Eustache Le Sueur ou Charles Poerson, mais également Isaac Moillon, le frère de Louise, la peintre de natures mortes. Il est l’auteur de cette Allégorie que Sylvain Laveissière, ancien conservateur au Louvre, a située dans les années 1640, soit justement au moment où il s’imprègne de la peinture de Vouet en fréquentant ses élèves les plus proches. Cette œuvre à la composition parfaitement équilibrée et aux coloris subtilement choisis, emmenés par cette écharpe d’un bleu lumineux, retenait 40 832 €.
 

Isaac Moillon (1614-1673), Allégorie, huile sur toile, 125 x 98 cm (détail). Adjugé : 40 832 €
Isaac Moillon (1614-1673), Allégorie, huile sur toile, 125 98 cm (détail).
Adjugé : 40 832 

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