Face-à-face féminin : charme de l’enfance et fastes de l’Empire

Le 12 mars 2020, par Anne Doridou-Heim

L’impératrice Joséphine et une jolie fillette étaient les visages les plus attendus de cette vacation. Ils ont évidemment séduit.

Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968), Fillette au jardin, lys et liserons, vers 1960, huile sur toile, 35 24 cm. © Fondation Foujita / ADAGP, Paris, 2020
Adjugé : 284 859 

L’article Une tabatière, cadeau de l’impératrice Joséphine de la Gazette du 21 février (no 7, page 18) titrait «Joséphine portée par la victoire», en référence Austerlitz. Les siècles passaient, et les succès se confirmaient. Cette tabatière en or et émail bleu, ornée d’une miniature figurant l’impératrice au faîte de sa gloire et en tenue d’apparat, acceptait un hommage de 120 274 €. Tout était réuni pour aboutir à un tel résultat : sa provenance, puisque l’objet aurait été remis par Joséphine au comte de Barral, venu lui annoncer la nouvelle de l’éclatante victoire du 2 décembre 1805, et la préciosité, la tabatière en or et la miniature étant signées de deux grands noms du début du XIXe siècle, Gabriel-Raoul Morel et Paul Louis Ferdinand Quaglia. Le portrait de fillette, exécuté par Léonard Tsuguharu Foujita vers 1960, faisait écho à la passion de la dame de Malmaison pour les jardins et les fleurs. La charmante enfant était représentée ceinte de lys et liserons. Cette composition des plus délicates valait à son auteur d’emporter 284 859 €. Cette vente dispersant le contenu d’un appartement parisien et d’anciennes collections s’achevait sur un produit total de 826 533 €, largement dû à ces deux œuvres, mais complété par d’autres pépites de charme. Un clip de corsage pendentif en or jaune stylisé d’une fleur aux pétales ornés de chrysoprase, réalisé par Van Cleef & Arpels vers 1980-1990, s’accrochait ainsi à 13 926 €, et un sautoir modèle «Alhambra» de la même maison, aux motifs quadrilobés en malachite, à 11 141 €. Parmi les objets de vitrine, une curieuse vinaigrette en forme de tonneau en or serti de diverses pierres dures, probablement exécutée en Écosse au début du XIXe siècle, exhalait 7 596 €, alors qu’une boîte ronde en pâte de verre blanche dans une monture en or de nouveau, figurant le portrait présumé du ministre Necker – le père de Madame de Staël –, s’ouvrait à 6 583 €. Les objets d’art révélaient à leur tour quelques surprises, notamment un vase de forme ovoïde en verre gravé de Daum. Son décor ? Un mineur dans une végétation luxuriante. Cette exaltation du monde du travail et de l’exotisme pleinement dans le ton de l’art déco s’enlevait à 44 311 €. L’après-midi se terminait comme il avait commencé, dans les ors… Nous voulons parler de ceux d’un canapé d’alcôve en bois sculpté et doré, estampillé du menuisier Nadal l’Aîné, maître sous Louis XV. L’élégant siège se posait à 27 853 €.

Tabatière en or et émail bleu, au poinçon de Gabriel-Raoul Morel (1764-1832), ornée d’une miniature représentant l’impératrice Joséphine,
Tabatière en or et émail bleu, au poinçon de Gabriel-Raoul Morel (1764-1832), ornée d’une miniature représentant l’impératrice Joséphine, signée Paul Louis Quaglia (1780-1853), 8,5 cm.
Adjugé : 120 274 
Panorama (après-vente)

En majesté

Le 12 mars 2020, par Anne Doridou-Heim

Lors de la vente Fraysse & Associés du jeudi 5 mars, à Drouot, un petit ensemble de sculptures et objets Haute Époque (M. Rulier, expert) retenait l’attention. Parmi ceux-ci, un coffret à couvercle bombé en placage de marbre, exécuté dans les Flandres au XVIIe siècle (5 697 €), et cette statue d’applique en bois polychrome sculptée en Rhénanie au XVIe. La figure de cette Vierge à l’Enfant (h. 82 cm, l. 50 cm), retenue à 15 192 €, frappe par son ampleur et son humanité.

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