Portrait mondain

Le 05 décembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Dépeinte à Paris par Korovine, cette jeune femme prête à danser exaltait l’élégance insouciante des années 1930.

Constantin Korovine (1861-1939), Portrait de Mme Marty en robe de bal, 1930, huile sur toile, 115 81 cm.
Adjugé : 194 480 

On attendait un dessin de Degas et une huile de l’avant-gardiste hongrois Sándor Bortnyik (voir l'article Bortnyik, à l’avant-garde page 54 et l'article Maître de ballet page 59 de la Gazette no 40 du 22 novembre), mais c’est finalement avec une belle élégante que le marché avait rendez-vous. Jolie compensation ! Peint en 1930 par Constantin Korovine (1861-1939), ce Portrait de Mme Marty en robe de bal avait fière allure et soufflait 194 480 €. En 1923, l’artiste né à Moscou quitte définitivement ce qui est devenu l’URSS (fondée en décembre 1922), après y avoir importé l’impressionnisme et beaucoup œuvré pour les arts. Installé à Paris, il sillonne la capitale de jour comme de nuit et les nombreuses peintures qu’il produit lui valent commandes et succès. On connaît peu de portraits de sa main, alors qu’il maîtrise parfaitement le genre. Celui-ci est particulièrement enlevé : tranchant sur un fond sombre, les roses de la robe du modèle vibrent, la peau nue apporte de l’éclat à la composition et l’œuvre s’inscrit dans son époque. La toile provenait en ligne directe de la dame, une amie de l’artiste, de même que d’autres huiles plus petites de celui-ci, exécutées quant à elles en souvenir de la Russie éternelle ou dans le pays même. C’était le cas d’une Rue de village russe animée (32 40 cm) et de Femmes devant une isba en hiver (23 31 cm), saluées de respectivement 30 888 et 13 728 €. Ainsi encore de son affiche lithographique en couleurs dessinée pour une représentation du Prince Igor (129 90 cm), mise au programme à 1 258 €. Elle rappelle les liens étroits du peintre russe avec les mondes de l’opéra et du théâtre. Retour en France, au bord de l’eau, avec une toile d’Auguste Herbin (1882-1960) de début de carrière puisque exécutée dans des tons pastel en 1903, Ponts sur la Seine (38 55 cm). Son atmosphère paisible lui valait 20 608 €. Ambiance différente avec une œuvre de Paul Rebeyrolle (1926-2005) : sa Pluie et le beau temps (190 257 cm) faisait 27 048 €.

lundi 25 novembre 2019 - 14:30 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Oger - Blanchet , Jean-Jacques Mathias
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