Une pendule automate chinoise

Le 17 juin 2021, par Anne Doridou-Heim

Une pendule à automates s’ouvrait une voie tapissée de lotus, que prenaient aussi un coffret en zitan et un chapiteau omeyyade.

Chine, fin de l’époque Qing (1644-1912). Pendule à automates sous la forme d’un bassin contenant des lotus en feuille, bouton ou graine en cuivre doré, le bassin en émail cloisonné dit «de Canton» à décor de scènes animées de personnages et de paysages lacustres, h. 165 cm.
Adjugé : 260 000 

On connaît la passion des grands du temps passé pour les mécanismes horlogers. Le principe se vérifie partout dans le vaste monde puisque les empereurs chinois, Kangxi (1672-1722) le premier, la partageaient. Les instruments destinés au décompte des heures sont introduits en Chine par les missionnaires français et anglais dès le début du XVIIe siècle. Ces derniers sont à l’origine d’une première collection impériale, d'abord constituée d’objets importés d’Europe. Rapidement, des artisans occidentaux attachés à la cour sont appelés à produire localement des pièces, puis à former des horlogers chinois. Une fois les connaissances acquises, ce sont de véritables chefs-d’œuvre, d’une grande créativité, qui est créé, à tel point qu’un «bureau de l’horlogerie» voit le jour très officiellement, avec le but de gérer la collection, de l’enrichir, de procéder à son entretien et de fabriquer de nouveaux modèles conservés dans les palais de la Cité interdite. Ainsi, pendant plus de deux siècles, de nombreux exemplaires seront fabriqués, avec une imagination féconde, à l’image de ces pendules à automates simulant un bassin dans lequel des lotus s’épanouissent. Pour celle-ci, le modèle d’inspiration est facilement trouvé : il reproduit avec une charmante fidélité les pièces d’eau qui parsèment les jardins impériaux. Une fidélité récompensée de 260 000 € – un prix parfaitement identique à celui reçu par une pendule «à la fontaine chinoise», de la période Daoguang (1820-1850), vendue le dimanche 30 mai au château de Marcellus (Lot-et-Garonne) par Paris Enchères - Collin du Bocage (voir l'article Une horloge chinoise du début du XIXe siècle de la Gazette n° 23, page 201). Se démarquaient ensuite un coffret de forme rectangulaire en zitan (6,5 14 11 cm) au couvercle orné d’une scène naturaliste incrustée de nacre et de pierres dures de l’époque Kangxi, retenu à 91 000 €, et, venant d’une tout autre civilisation, un chapiteau en marbre (h. 31,5 cm) de type corinthien sculpté au trépan sur toutes ses faces. Pour ce témoignage de l’art omeyyade, datant probablement du Xe siècle, 68 900 € étaient requis.

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