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L’empereur Hadrien, impérial, forcément !

Le 30 septembre 2021, par Anne Doridou-Heim

Un buste du XVIe siècle figurant l’empereur Hadrien emportait la plus haute enchère de la journée du haut de sa superbe.

L’empereur Hadrien, impérial, forcément !
Attribué à Guglielmo della Porta (1515-1577), Buste de l’empereur Hadrien dit «Stazione Termini», Rome, vers 1560, bronze patiné et marbre, 91 72 26 cm.
Adjugé : 162 500 

Imposant. L’adjectif est de mise devant ce buste en marbre et bronze patiné figurant l’empereur Hadrien du type «Stazione Termini» – du nom de la gare romaine où fut découvert en 1941, lors de travaux de rénovation, un buste similaire. Du souverain de la dynastie des Antonins, représenté en chef de guerre vêtu d’une cuirasse, on reconnaît la coiffure en boucles courtes, la barbe soigneusement taillée et une impression de sagesse que n’ont pas tous ces prédécesseurs, ni successeurs d’ailleurs… Autant d’atouts qui ont mené ce morceau de choix à 162 500 €. Les pièces de monnaie romaines sur lesquelles son profil apparaît permettent de situer cette effigie au début de son règne (117-138), l’empereur étant alors à l’approche de la quarantaine. Cela étant dit pour le modèle, intéressons-nous maintenant à l’auteur. La sculpture est attribuée à Guglielmo della Porta et a été réalisée à Rome vers 1560, en pleine période de retour vers l’Antiquité romaine classique. L’artiste est membre d’une famille de sculpteurs lombards. Après sa formation à Gênes, il vient à Rome et, soutenu notamment par Michel-Ange et les Farnèse, y fonde un atelier particulièrement actif dont l’une des spécialités sera la restauration et la copie des antiques. On lui connaît un certain nombre de bustes d’empereurs. Il n’avait en effet aucun mal à se référer aux originaux, les Césars diffusant largement une image à laquelle ils étaient très attachés, Auguste et Hadrien tout particulièrement – environ cent cinquante portraits du premier nous sont parvenus. La première partie de la vente s’intéressait à la dispersion d’une collection de mobilier et de tableaux anciens, parmi lesquels une scène mythologique de Bon Boullogne (voir l'article Voyage en Arcadie avec Bon Boullogne page 47 de la Gazette no 32) et le Portrait de Marie-Thérèse Girard, née Bouchardon de Jean-Baptiste Lefèbvre, objet du Coup de cœur de la Gazette n° 31 (voir l'article Dans la famille Bouchardon, Marie-Thérèse portraiturée par Jean-Baptiste Lefèbvre page 16). Ces deux œuvres n’ont pas rencontré l’intérêt des acquéreurs, les regards s’étant plutôt portés sur les céramiques des XVIIe et XVIIIe siècles et tout particulièrement sur un Buste de guerrier en faïence de Nevers, préempté par Sèvres à 19 500 € (voir l'article Un buste de guerrier préempté par le musée de la Céramique), ainsi que sur un plat rond (diam. 55 cm) de la manufacture de Rouen des années 1725, à décor de lambrequins autour de charmants putti. Cette pièce retenait 20 800 €.

vendredi 24 septembre 2021 - 14:45 - Live
Kohn Marc-Arthur
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