De l’Opéra au port de Rouen, avec Degas et Hodé

Le 08 juillet 2021, par Philippe Dufour

La session savoyarde a été émaillée de pièces rares, comme ce dessin du maître de la danse et une belle série de toiles du peintre rouennais, que venait bousculer un coffret sud-américain.

Edgar Degas (1834-1917), Dans les coulisses, danseuse rajustant son chausson, fusain portant le cachet de la signature en rouge en bas à gauche, 45 34 cm.
Adjugé : 114 950 

114 950 € : c’est l’enchère réalisée par une œuvre au thème cher à Edgar Degas, la danseuse, saisie en pleine performance ou au contraire se préparant. Tel ce fusain, Dans les coulisses, danseuse rajustant son chausson (45 34 cm), portant le cachet de la signature en rouge en bas à gauche. Il provient de la vente de l’atelier de Degas par la galerie parisienne de Georges Petit, en avril 1919 ; il avait été alors répertorié (n° 169) et reproduit dans le catalogue. Deux tableaux cubistes reprenaient le flambeau, signés par Pierre Hodé (voir l'article Pierre Hodé, ode à la grisaille rouennaise de la Gazette n° 25, page 145). Le premier s’intitule Le Port de Rouen (97 130 cm), et est passé par la collection Jean-Paul Ledeur à Paris ; cette toile de 1924, pleine de vie et d’agitation, traitée dans une impressionnante déclinaison de gris, a inscrit 50 820 €. La seconde peinture mettait en scène la Cathédrale de Rouen en 1925 (61 81 cm) et arborait une ancienne étiquette de la galerie Vavin-Raspail : elle a obtenu la somme de 24 200 €. Au chapitre des arts décoratifs, on découvrait un exceptionnel coffret en vernis Barniz de Pasto (une spécialité du sud de la Colombie), et exécuté en Amérique latine dans la seconde moitié du XVIIe siècle. En bois exotique peint et laqué, décoré sur ses cinq faces de grotesques, arabesques, volatiles et autres animaux fabuleux, le précieux réceptacle (8,5 13 cm) a récolté 10 527 €. D’autres écrins, justement, s’entrouvraient : dans l’un, une broche en forme d’oiseau de paradis en or (poinçon aigle) portant la marque «Cartier Paris» et le «n° 6036» ; son corps est serti d’un rubis gravé, la queue articulée ornée de diamants et de rubis (32,1 g, l. cm) et méritait bien 43 560 €.

Pierre Hodé (1889-1942), Le Port de Rouen, 1924, huile sur toile signée en bas à droite et désignée au dos sur la toile, 97 x 130 cm. Adju
Pierre Hodé (1889-1942), Le Port de Rouen, 1924, huile sur toile signée en bas à droite et désignée au dos sur la toile, 97 130 cm.
Adjugé : 50 820 
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