Guillaumin à Crozant

Le 28 mars 2019, par Sophie Reyssat
Armand Guillaumin (1841-1927), La Roche de l’écho à Crozant, vers 1905, huile sur toile signée, 54 65 cm.
Adjugé : 41 250 

Des trois œuvres d’Armand Guillaumin présentées parmi quelque trois cents tableaux, celle réalisée à Crozant avait la faveur des amateurs. Lorsqu’il la peint, vers 1905, l’artiste a quitté le bouillonnant milieu artistique de la capitale depuis plus de dix ans déjà, lui préférant la solitude paisible des virées sur le motif, profitant de la quiétude du moulin Bouchardon, admirant les roches abruptes auxquelles s’accrochent le château féodal du village ou jouissant de la nature luxuriante en bord de rivière. Il réalise ainsi plusieurs versions du site sauvage de la Roche de l’écho, selon son habitude de restituer les variations apportées tout au long de l’année à ses lieux d’élection. Cette fois, il peint le site sous une lumière d’automne encore vive, prétexte à exploiter l’intense contraste entre le rougeoiement des feuilles, le bleu du cours d’eau animé de reflets jaunes, et l’herbe encore bien verte. Bien qu’il immortalise Les Deux amies au bord de la mer à la même période, Édouard Vuillard utilise pour sa part une tout autre palette, plus douce et baignée d’une lumière filtrée par la végétation abritant les femmes allongées de la morsure du soleil. 34 375 € étaient prononcés pour cette subtile huile sur carton du peintre nabi. Il fallait encore débourser 21 250 € pour le panneau de Stanislas Lépine montrant La Seine à l’estacade, un souvenir de Paris entre 1882 et 1885 (voir Gazette n° 11, page 146).

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