Scènes de fêtes bretonnes avec Pierre de Belay

Le 05 décembre 2019, par Philippe Dufour

Ce cycle peint par l’artiste d’origine quimpéroise pour l’hôtel Ker-Moor de Bénodet, et célébrant la Bretagne traditionnelle, était à portée de main dimanche dernier.

Pierre de Belay (1890-1947), cinq tableaux provenant de l’hôtel Ker-Moor à Bénodet, 1923, huile sur toile, 200 cm environ.
Adjugé : 310 000 € au total (après faculté de réunion)

C’est finalement regroupé, grâce à la faculté de réunion, que cet ensemble de cinq toiles monumentales – de largeur variable, mais avoisinant toutes les 2 mètres de hauteur –, adjugées pour un total de 310 000 €, a quitté définitivement les murs pour lesquels il avait été conçu (voir l'avant-première De Belay va-t-il quitter Bénodet ? de la Gazette n° 37, page 35). C’est en 1923 que les Daniel, propriétaires de l’établissement de la petite station balnéaire, demandent à Pierre Savigny de Belay de décorer leur salle à manger. Le jeune peintre, ami de la famille, et qui a vécu la révolution artistique parisienne au Bateau-Lavoir, conçoit alors cette suite sur le thème des fêtes religieuses et populaires de la province atlantique. Avant-gardiste, son art l’est par la schématisation des formes et des visages, et la vivacité des couleurs, quasi pures. Fort heureusement, les cinq toiles, uniques en leur genre, ne quittent pas la région, car elles ont été acquises par la mairie de Quimper (avec l’aide du fonds de mécénat Bretagne), pour rejoindre les collections du musée des beaux-arts de sa ville. Les fêtes locales, on les retrouvait encore avec une toile de Lucien Simon représentant une Procession à Sainte-Anne-la-Palud, signée en bas à droite et brossée vers 1917 (72 102 cm). Pour cette composition lumineuse traversée d’un souffle frais, un collectionneur avançait 19 850 €. Cependant, une mappemonde en faïence polychrome et or, signée en 1931 par René-Yves Creston, pour la manufacture Henriot de Quimper, réservait une bonne surprise. À réglette et axe en bronze, elle repose sur un piétement en placage de palissandre avec petit godet en faïence intégré. Le globe porte sur sa ceinture équatoriale la mention «À la gloire des marins et colons bretons». Il fallait débourser 26 000 € pour la faire tourner, sachant qu’elle est connue à seulement deux exemplaires.

dimanche 01 décembre 2019 - 14:30 - Live
Adjug'Art , Hôtel des ventes de Quimper
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