Au siècle de Rembrandt

Le 25 juin 2020, par Sophie Reyssat

La peinture du XVIIe siècle récolte les lauriers, grâce à l’atelier du clair-obscur.

Atelier de Rembrandt Hermenszoon Van Rijn (1606-1669), Portrait d’homme au béret, huile sur panneau, 66 51 cm.
Adjugé : 450 200 

Contrairement aux attentes, ce n’est pas l’Étude de femme assise (87 56 cm), peinte par l’atelier de Pierre-Paul Rubens, et supposée être son épouse Hélène Fourment, qui créait la surprise de cette dispersion de tableaux anciens (voir l'article Épouse de Rubens de la Gazette n° 23, page 107). La toile était en effet négociée dans son estimation, à hauteur de 29 900 €, alors que ce portrait d’un anonyme, donné à l’atelier de Rembrandt, était propulsé à 450 200 € sur une estimation haute de 15 000 €. Le marché de l’art international s’emballait en effet pour cette œuvre, et finissait par l’emporter contre un collectionneur privé, dernier sous-enchérisseur. L’expressivité de ce visage, dont le regard capte celui du spectateur, est en effet remarquable. Au-delà du simple portrait, c’est l’image même de la bonhomie. Un autre tableau dû au même atelier respectait quant à lui les pronostics en étant acquis pour 19 500 € : un Portrait de rabbin sur panneau (71 56 cm). Contrairement au précédent, ce visage est déjà connu, puisqu’il s’agit d’une reprise d’un panneau peint par le maître en 1635, et conservé au sein de la collection royale britannique. Ces deux œuvres ont appartenu à la collection réunie à Vienne par Eduard Mahler, il y a près de cent vingt ans. Elles ont suivi sa famille dans son exil brésilien pour fuir le nazisme, en 1930, et finir entre les mains de l’arrière-petite-nièce du professeur. Mathématicien et astronome, féru d’histoire et fin connaisseur de la Bible et des écritures hébraïques, cet érudit passionné par l’étude du temps ne pouvait qu’être touché par ces portraits dont l’humanité transcende les siècles. Une autre effigie, elle aussi emportée pour 19 500 €, évoquait l’aura de Rembrandt : Siméon, tenant l’enfant Jésus, chante le Nunc Dimittis au temple (113 101,2 cm). La toile, peinte vers 1651, est due à un autre élève du peintre, Jürgen Ovens.

jeudi 18 juin 2020 - 14:30 - Live
164 bis, avenue Charles-de-Gaulle 92200 Neuilly-sur-Seine
Aguttes
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne