Anna Quinquaud et la majesté peule

Le , par Anne Doridou-Heim

C’est aux femmes que l’artiste voyageuse Anna Quinquaud a consacré le meilleur de son art. Et parmi elles, les Peules sont les reines.

Anna Quinquaud (1890-1984), Femme pita au panier, 1930, bronze à patine brun-vert, fonte Susse Frères fondeurs, h. 46 cm.
Adjugé : 31 900 

Lors de son premier séjour – en 1925 – sur cette terre d’Afrique qui l’attirait comme un aimant, Anna Quinquaud (1890-1984) avait pu admirer quelques Peuls séjournant à Dakar mais n’avait eu la possibilité de se rendre dans leur territoire ancestral du Fouta-Djalon. Femme libre, aventurière, décidée, elle peut repartir, enfin, en 1930 et sur ses propres deniers, vers son continent de cœur. Cette fois accompagnée d’une troupe de porteurs et de tout son paquetage de sculpteur, elle s’installe pour huit mois à Pita, chef-lieu des peuples de ce massif montagneux. Elle va œuvrer sans cesse, modelant dans la terre ou creusant dans le bois exotique les traits purs, les silhouettes longilignes, les attitudes altières des femmes croisées sur la route du marché et longuement étudiées lors de séances de pause rapidement acceptées. La Femme pita au panier est l’une d’entre elles et sera l’une de ses icônes à son retour. Cette édition en bronze de Susse Frères retenait 31 900 €, un résultat ayant nécessité une belle bataille d’enchères et en tout point conforme à la cote de ce beau modèle. Presque cent ans après avoir été créé, il séduit toujours autant ! Les sculptures de ce deuxième voyage ont été présentées à l’Exposition coloniale internationale de 1931 et ont valu à l’artiste deux grandes pages dans L’Illustration, un papier aux accents lyriques signé Henry Béranger.

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