Paysages marquetés attribués à Jean Mathieu II Chevallier

Le 12 mars 2020, par Philippe Dufour

L’Asie s’alliait à l’Europe pour délivrer quelques pièces décoratives d’exception, illustrant l’art des sculpteurs, céramistes et autres ébénistes de siècles passés.

Attribuée à Jean Mathieu II Chevallier, commode à ressaut central, placage de bois clair et bois teinté vert, amarante, bois de rose, bronzes dorés, époque Transition, 87 127 55 cm.
Adjugé : 36 250 

La Chine s’illustrait brillamment une fois de plus, et ce grâce à un impressionnant panneau en bois stuqué polychrome, à décor d’une scène de la vie quotidienne dans une demeure princière ; sur fond de paysage lacustre, des pavillons abritent des réunions de lettrés. Détail d’importance : ce panorama très fouillé, datant de la fin du XIXe ou du XXe siècle, prenait place dans un encadrement en bois exotique à décor sculpté de dragons et de motifs stylisés (114 154 cm avec le cadre). Pour 70 000 €, il changeait de mains bien au-delà de son estimation. Ayant vu le jour après 1900, était ensuite présentée une paire de bols en porcelaine à couverte bleue (diam. 22 cm). Ils arborent une marque à six caractères Yongzheng, ce qui n’a pas manqué de faire monter les enchères jusqu’à 18 750 €. Au rayon de la grande ébénisterie parisienne du XVIIIe siècle, se détachait avec 36 250 € une séduisante commode d’époque Transition, à léger ressaut central (87 127 55 cm) ; son décor, en placage de bois clair et bois teinté vert, montre des architectures antiques en ruine (voir l'article Le monde de raffinement de Gustave De Jonghe de la Gazette n° 8, page 102). Elle peut être attribuée à Jean Mathieu II Chevallier, reçu maître en 1743, et rapprochée d’un modèle très similaire de ce dernier, reproduit dans l’Objet d’art du mois d’avril 1999. Plus ancienne, puisque datant du temps de Louis XIV, une autre commode à façade galbée en placage de loupe d’orme et de noyer, d’olivier, d’amarante – entre autres – et à motifs géométriques, annonçait les plus belles productions réalisées dans le Dauphiné, dans le goût de celles de Thomas Hache (86 132 68,5 cm). Elle s’offrait pour 16 875 €. Pour accompagner ce mobilier de choix, plusieurs groupes en bronze étaient proposés, dont on retiendra surtout une sculpture à patine nuancée de Jean-Baptiste Carpeaux, représentant L’Amour désarmé. Pour cette fonte d’édition ancienne (h. 78 cm avec le socle), portant d’ailleurs l’indispensable cachet de propriété «Carpeaux», un connaisseur avançait 27 500 €.

dimanche 01 mars 2020 - 10:30, 14:30 - Catalogue
14, rue des Jardins 59000 Lille
Mercier & Cie
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