L’Asie rêvée et corrigée par Émile Gallé

Le 10 décembre 2020, par Philippe Dufour

Pour une fois, le magicien du verre nancéien délaissait la flore rustique de sa Lorraine pour nous transporter en Extrême-Orient, grâce à quelques tiges de bambou.

Émile Gallé (1846-1904), vase en verre opalescent à décor de bambous, signature or au revers «E. Gallé Nancy - Déposé», h. 28 cm.
Adjugé : 20 625 

 

Leurs longues tiges annelées décorent les flancs de ce vase pansu en verre opalescent (h. 28 cm) ; de petits passereaux volètent parmi le feuillage dont la légèreté a été subtilement rendue par des émaux. Au revers, on peut déchiffrer la signature à l’or de son auteur : « E. Gallé Nancy - Déposé». Imaginé sans aucun doute dès les années 1880, ce modèle illustre l’esprit du japonisme, qui marque les intérieurs fin-de-siècle et inspire les premières créations du maître verrier. Aussi, démultipliant son estimation haute de 1 200 €, l’objet a inscrit au final 20 625 €. Dans cette session dédiée en grande partie aux arts décoratifs, on pouvait également découvrir une étonnante table de salon en acajou et marqueterie de bois de couleur à plateau carré, fruit de la collaboration de deux ténors du XXsiècle : Léonard Foujita et Jules Leleu. Le dessus est orné d’une marqueterie représentant les objets familiers du peintre Foujita, soit ses lunettes, son cigare, sa pipe, son crayon à dessin… La pièce (71 71 50 cm) portant la signature du peintre, et des alentours de 1950, devait partir à 6 250 €. Côté cimaises, c’est une école flamande du XVIIIe siècle, une toile intitulée Scène de banquet (116 162 cm), qui tirait son épingle du jeu avec 10 250 €. Cependant, la vedette absolue de la vacation niçoise était un véhicule très contemporain : la Range Rover Autobiography, de première immatriculation en date du 17/07/2015, qui redémarrait pour 47 700 €.

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