La palme du martyre et de la victoire, au pas mesuré d’un pachyde

Le 04 janvier 2018, par Anne Doridou-Heim
Artemisia Gentileschi (1593-1652), Sainte Catherine d’Alexandrie, huile sur toile, 71 x 71 cm.
Adjugé : 2 360 600 €

Rien de commun entre un éléphant de Rembrandt Bugatti et une Sainte Catherine d’Artemisia Gentileschi bien que Catherine soit native d’Alexandrie, d’une famille de la première noblesse et que son chemin ait certainement croisé des spécimens de l’imposant mammifère, connu depuis les pharaons et présent dans les armées des Ptolémée. Tous deux faisaient pourtant les belles heures d’une vacation à Drouot, où ils se trouvaient sous les feux des projecteurs de l’une des dernières ventes de l’année. 612 480 € pour le premier et 2 360 600 € pour la seconde. L’honneur était sauf, la sainte dominait l’animal ! Sur les vies dramatiques et de Catherine d’Alexandrie (fin IIIe-début IVe siècle) et d’Artemisia Gentileschi (1593-1652), tout a déjà été écrit, et les parallèles sont aisés entre les deux, suppliciée pour la première, violentée pour la seconde. Est-ce la raison pour laquelle l’artiste a régulièrement choisi la sainte comme sujet de ses peintures, en lui donnant son propre visage ? Il semble aussi que le thème ait été apprécié des grands maîtres de la peinture italienne du début du XVIIe siècle et que le prénom lié à la famille Médicis ait très souvent été donné aux petites filles florentines. Cela n’enlève rien tout au contraire à la maestria de cette composition et à son résultat, qui inscrit un record mondial bien au-delà du précédent (source : Artnet). Il honorait une artiste rare, féministe avant l’heure et remise sur le devant de la scène par le film Artemisia de la réalisatrice Agnès Merlet, sorti en 1997. Quand le troisième et le septième arts se rejoignent… Quant à ce sympathique Éléphant au repos, fondu par Hébrard vers 1909-1910 pour son sculpteur animalier, il rejoignait la longue cohorte des grands animaux de Rembrandt Bugatti (1884-1916), au firmament depuis plusieurs années. Il recevait 612 480 €. Cet exemplaire provenait de la collection de Georges Philippar (1883-1959), armateur de son état et pour ce qui nous concerne directement, passionné du grand pachyderme, dont il détenait un important ensemble de représentations sculptées. Celle-ci se trouvait certainement être le plus beau fleuron de sa flotte.

 

Rembrandt Bugatti (1884-1916), Éléphant au repos, vers 1909-1910, bronze patiné nuancé brun, vert et noir, numéroté «6», cachet du fondeur A.A. Hébrar
Rembrandt Bugatti (1884-1916), Éléphant au repos, vers 1909-1910, bronze patiné nuancé brun, vert et noir, numéroté «6», cachet du fondeur A.A. Hébrard, 46,6 x 56,5 cm.
Adjugé : 612 480 €

La palme du martyre et de la victoire, au pas mesuré d’un pachyderme

Le 05 janvier 2018, par La Gazette Drouot
Artemisia Gentileschi (1593-1652), Sainte Catherine d’Alexandrie, huile sur toile, 71 x 71 cm (détail).
Adjugé : 2 360 600 €

Rien de commun entre un éléphant de Rembrandt Bugatti et une Sainte Catherine d’Artemisia Gentileschi bien que Catherine soit native d’Alexandrie, d’une famille de la première noblesse et que son chemin ait certainement croisé des spécimens de l’imposant mammifère, connu depuis les pharaons et présent dans les armées des Ptolémée. Tous deux faisaient pourtant les belles heures d’une vacation à Drouot, où ils se trouvaient sous les feux des projecteurs de l’une des dernières ventes de l’année. 612 480 € pour le premier et 2 360 600 € pour la seconde. L’honneur était sauf, la sainte dominait l’animal ! Sur les vies dramatiques et de Catherine d’Alexandrie (fin IIIe-début IVe siècle) et d’Artemisia Gentileschi (1593-1652), tout a déjà été écrit, et les parallèles sont aisés entre les deux, suppliciée pour la première, violentée pour la seconde. Est-ce la raison pour laquelle l’artiste a régulièrement choisi la sainte comme sujet de ses peintures, en lui donnant son propre visage ? Il semble aussi que le thème ait été apprécié des grands maîtres de la peinture italienne du début du XVIIe siècle et que le prénom lié à la famille Médicis ait très souvent été donné aux petites filles florentines. Cela n’enlève rien tout au contraire à la maestria de cette composition et à son résultat, qui inscrit un record mondial bien au-delà du précédent (source : Artnet). Il honorait une artiste rare, féministe avant l’heure et remise sur le devant de la scène par le film Artemisia de la réalisatrice Agnès Merlet, sorti en 1997. Quand le troisième et le septième arts se rejoignent… Quant à ce sympathique Éléphant au repos, fondu par Hébrard vers 1909-1910 pour son sculpteur animalier, il rejoignait la longue cohorte des grands animaux de Rembrandt Bugatti (1884-1916), au firmament depuis plusieurs années. Il recevait 612 480 €. Cet exemplaire provenait de la collection de Georges Philippar (1883-1959), armateur de son état et pour ce qui nous concerne directement, passionné du grand pachyderme, dont il détenait un important ensemble de représentations sculptées. Celle-ci se trouvait certainement être le plus beau fleuron de sa flotte.
 

Rembrandt Bugatti (1884-1916), Éléphant au repos, vers 1909-1910, bronze patiné nuancé brun, vert et noir, numéroté «6», cachet du fondeur A.A. Hébrar
Rembrandt Bugatti (1884-1916), Éléphant au repos, vers 1909-1910, bronze patiné nuancé brun, vert et noir, numéroté «6», cachet du fondeur A.A. Hébrard, 46,6 x 56,5 cm.
Adjugé : 612 480 €
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