Renoir : des roses pour Jeanne Baudot

Le 19 décembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Une jeune femme amie des artistes se voyait joliment chapeautée par Pierre-Auguste Renoir, alors que Matisse jouait une ode à une belle odalisque.

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Portrait de madame Jeanne Baudot, 1896, huile sur toile, 24 19 cm.
Adjugé : 371 400 

Dans la Gazette no 42 du 6 décembre (voir l'article Dans le cercle de Renoir page 54) était raconté un petit morceau de l’amitié de Jeanne Baudot (1877-1957) avec les artistes de son temps, et notamment avec Pierre-Auguste Renoir (1841-1919). Le maître se plut à immortaliser sa muse et élève et à la doter ici d’un joli chapeau couronné de roses. Ce portrait exécuté en 1896, l’année où justement la dame devient marraine de son deuxième fils, Jean, séduisait plus que jamais en partant à 371 400 € vers une nouvelle destination. Pour la petite histoire, dans son livre Pierre-Auguste Renoir, mon père, ce même Jean relate que sa mère avait aussi choisi pour son parrain Georges Durand-Ruel, espérant unir ses deux amis. Ce qui ne se fit pas. L’après-midi continuait son exploration dans la modernité avec un saut dans le XXe siècle, à la rencontre d’Henri Matisse (1869-1954). Une langoureuse Odalisque couchée (33 50,7 cm) dessinée à l’encre en 1928 se lovait à 229 680 €, et un fusain représentant Henriette à la lecture (47 31,2 cm) se découvrait à 108 460 €. L’odalisque est prétexte à un thème cher au peintre : cependant, elle est ici identifiée grâce à des documents photographiques d’époque sur lesquels on la reconnaît sensuellement allongée sur un sofa, dans une alcôve ornée de tissus orientaux. Il s’agit de Zita, une jeune Italienne qui offrit au pinceau du maître ses courbes sensuelles. La seconde jeune femme est Henriette Darricarrère, qui posa pour lui entre 1920 et 1927, dans les mêmes années donc et qui elle aussi figure dans cette fameuse série des «Odalisques», peintes entre 1921 et 1928. Quant au mobilier de chambre à coucher du sanatorium Martel de Janville, réalisé par Jean Prouvé (1901-1984) et Jules Leleu (1883-1961) pour éclairer l’établissement médical de son joyeux fonctionnalisme, dont un fauteuil ornait la couverture de la Gazette du 6 décembre (no 42), il se tenait à 22 968 €. Une table guéridon en avait été extraite, elle aussi en tôle d’acier pliée laquée rouge (h. 74 cm, diam. 125 cm), et qui retenait 10 208 €.

vendredi 13 décembre 2019 - 11:00, 14:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Christophe Joron Derem
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