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Tiercé gagnant

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Quatorze champions étaient au départ du derby organisé par la maison Beaussant Lefèvre, transformée en écurie pour l’occasion. En tête des pronostics...

Tiercé gagnant
Emmanuel Frémiet (1824-1910), Deux chevaux de course montés par leurs jockeys, épreuve en bronze à patine médaille, base au naturel, 45,5 55 cm.
Adjugé : 33 020 

Quatorze champions étaient au départ du derby organisé par la maison Beaussant Lefèvre, transformée en écurie pour l’occasion. En tête des pronostics des parieurs, ce sont bien les Deux chevaux de course montés par leurs jockeys, une épreuve ancienne en bronze d’Emmanuel
Frémiet, qui franchissaient la ligne d’arrivée le premier, à 33 
020 €.
Le groupe a une allure élégante et nerveuse, la patine est belle et la signature est celle de l’un des meilleurs représentants du monde équidé du XIX
e siècle : autant de qualités qui lui promettaient la victoire. L’ensemble dispersé, qui provenait d’un collectionneur (voir Gazette no 6 page 54), totalisait 174 250 € et voyait ensuite le coursier du comte Henri-Geoffroy de La Planche de Ruillé (1842-1922) effectuer un Dernier effort, steeple-chase (h. 43 cm) pour franchir l’obstacle à 22 860 €. Moins connu que son prédécesseur, Ruillé a régulièrement présenté, aux Salons de 1884 à 1921, des bronzes dont les sujets se rattachent à l’équitation et à nos amis les chiens. Troisième sur le podium avec Le Grand Jockey (h. 62 cm), dont la course se terminait à 16 510 €, Isidore Bonheur (1827-1901) est lui aussi un artiste bien connu des amateurs de bronzes équestres. Jeune frère de Rosa mais bien plus discret qu’elle ! , il expose au Salon à partir de 1848 différents représentants de la faune de nos campagnes ou de pensionnaires rencontrés dans les zoos.

Panorama (après-vente)

En apparat

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Alfred Loudet (1836-1895), artiste natif de Montélimar venu se perfectionner puis faire carrière à Paris, a réalisé à la fin du XIXe siècle ce Portrait...

En apparat

Alfred Loudet (1836-1895), artiste natif de Montélimar venu se perfectionner puis faire carrière à Paris, a réalisé à la fin du XIXe siècle ce Portrait du bey de Tunis en tenue d’apparat (83 52 cm). La toile lui a été commandée par le monarque lui-même pour être offerte à Paul Cambon (1843-1924), premier résident général de France en Tunisie, nommé à ce poste en 1882 sur la recommandation de Jules Ferry. Le diplomate se consacrera à la mise en place du protectorat, tout en œuvrant pour conserver au bey sa dignité de souverain. Ce dont ce dernier semble lui avoir été reconnaissant. Ce petit morceau d’histoire s’accrochait à 10 795 €, vendredi 22 février à Drouot chez Beaussant Lefèvre.

À bride abattue

Quatorze chevaux prennent le départ. Ils quittent la collection d’un amateur, lui-même propriétaire d’animaux de course. Les coups de marteau sont attendus entre 2 000 et 10 000/15 000 €, la plus haute marche du podium étant prévue pour ce rare groupe de deux jockeys d’Emmanuel Frémiet. Comme les autres, notre bronze est une fonte ancienne. À ses côtés s’élanceront un Cheval de course monté par son jockey scrutant l’horizon de Jules Moignez (1 500/2 000 €), une épreuve du Grand Jockey d’Isidore Bonheur (5 000/8 000 €, voir photo page de droite), dont un exemplaire fut exposé au Salon de 1864 et à l’Exposition universelle de 1889, un exemplaire du Vainqueur du Derby de Pierre-Jules Mène (3 000/5 000 €), dont le modèle fut salué au Salon de 1863. Célèbre pour ses bronzes de gibier à plume, Paul Comoléra (1818-1897), élève de François Rude, met en scène un Pur-sang à l’arrêt monté par son jockey (2 000/3 000 €), tandis que Christophe Fratin et le comte Henri-Geoffroy de La Planche de Ruille (1842-1922) immortalisent cavaliers et montures en pleine chevauchée. 3 000/4 000 € sont demandés successivement d’un Pur-sang au galop cravaché par son jockey et du Dernier effort au steeple-chase. L’œuvre du comte de Ruille, entièrement consacrée à l’équitation, fut exposée au Salon de 1884 à 1921. Les courses n’en sont pas à leur galop d’essai de ce côté-ci de la Manche, même si c’est à Jacques Ier (1566-1625) que l’on doit l’ouverture du premier hippodrome… à Newmarket. Si Louis XIV permit des épreuves du genre «pari disputé» entre deux grands nobles sur de longs parcours à travers champs, c’est sous Louis XVI, grâce à l’anglomanie, que les courses françaises progressent. Joueur invétéré, le futur roi Charles X n’y est pas pour rien, qui importe de nombreux pur-sang anglais. Les premières courses françaises sont organisées dans la plaine des Sablons, dont certaines se voient doter de prix importants par le roi. Il y a tout juste cent ans naissait en France la Fédération nationale des sociétés de courses, ouvrant l’époque moderne des compétitions nationales. Que le meilleur gagne !
 

Isidore Bonheur (1827-1901), Le Grand Jockey, épreuve en bronze à patine médaille, base au naturel, contre-socle rectangulaire mouluré, 62 x 75 cm. Es
Isidore Bonheur (1827-1901), Le Grand Jockey, épreuve en bronze à patine médaille, base au naturel, contre-socle rectangulaire mouluré, 62 75 cm.
Estimation : 5 000/8 000 
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