À Bordeaux, un record mondial pour l’œuvre de Desportes

Le 24 septembre 2020, par Philippe Dufour

D’une éblouissante virtuosité par son rendu de l’épiderme des fruits et du plumage de ses volatiles, la Nature morte du maître a disputé la vedette à une rarissime série de portraits d’empereurs incas.

Alexandre-François Desportes (1661-1743), Nature morte au trophée de gibier, fruits et perroquet sur fond de niche, 1716, huile sur toile, 102,5 83 cm.
Adjugé : 2 029 500 

029 500 € : c’est le sommet vertigineux qu’a atteint la Nature morte au trophée de gibier, fruits et perroquet sur fond de niche peinte par Alexandre-François Desportes en 1716 – et qui avait orné la couverture de la Gazette n° 27 (voir l'article Desportes et les plaisirs terrestres). Et ce, en moins de cinq minutes, au cours desquelles «cinq enchérisseurs, issus du grand commerce mais aussi des particuliers, notamment français, se sont affrontés», précise le commissaire-priseur Antoine Briscadieu, qui ajoute que ce tableau peut être «considéré comme le chef-d’œuvre de l’artiste». Il est vrai que, multipliant par dix l’estimation haute, la toile (102,5 83 cm) constitue désormais l’œuvre la plus chère de Desportes jamais vendue (source : Artnet) – détrônant une paire de natures mortes vendue 695 000 € par Sotheby’s New York, le 12 janvier 1995. Il faut encore rappeler l’origine prestigieuse – car princière – de cette toile dont on avait perdu la trace depuis 1888 : elle proviendrait des collections, voire des appartements du Régent Philippe d’Orléans au Palais-Royal ; à moins que le tableau n’ait appartenu à sa fille Marie-Louise Élisabeth, en son château de La Muette, comme le laisserait supposer certains détails, notamment le dauphin doré qui orne la fontaine murale… À sa suite, un autre lot pulvérisait son estimation de 4 000/6 000 € : la série de onze portraits d’empereurs incas (toiles de 55,5 41 cm chacune, sans cadres, l’une reproduite page de droite) exécutée en Amérique du Sud au XIXe siècle, qui a fusé à 1 291 500 €. Elle a été, forcément, ferraillée par de nombreux acheteurs américains… De son côté, la Vierge à l’Enfant (46 34,5 cm) peinte par Eusebio Da San Giorgio (voir l'article Eusebio Da San Giorgio, la maîtrise de l’art, du maître à l’élève de la Gazette n° 31, page 96), un artiste italien de Pérouse et collaborateur de son compatriote le Pérugin, devait tripler son estimation haute pour inscrire 46 740 €.
 

École d’Amérique du Sud du XIXe siècle, Portraits d’empereurs incas, suite de onze toiles, 55,5 x 41 cm. Adjugé : 1 291 500 €
École d’Amérique du Sud du XIXe siècle, Portraits d’empereurs incas, suite de onze toiles, 55,5 41 cm.
Adjugé : 1 291 500 


 

Panorama (après-vente)

Un vase de Chine

Autre très belle surprise survenue lors de la vacation de Briscadieu OVV le samedi 19 septembre : l’adjudication à 209 100 € de ce vase chinois en porcelaine. Mesurant 26,5 cm de hauteur, il relève de la famille rose à fond jaune vert ; sa panse globulaire reposant sur un pied émaillé de grecques se pare d’un décor de fleurs, lotus et rinceaux, une frise de ruyi courant sur l’épaulement. Sous la bordure, s’élancent deux anses en forme de dragons stylisés, tandis que l’intérieur et la base sont turquoise. Sous cette dernière, on peut déchiffrer une marque apocryphe Jiaqing (1796-1820).

samedi 19 septembre 2020 - 14:30 - Live
12-14, rue Peyronnet 33800 Bordeaux
Briscadieu
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne