Delacroix, délicat botaniste

Le 13 juin 2019, par Anne Doridou-Heim

Les touches rouges de pétales d’anémones rehaussaient une sensible étude d’Eugène Delacroix.

Eugène Delacroix (1798-1863), Feuille d’étude avec des anémones, crayon noir et rehauts d’aquarelle, 21,5 31,5 cm.
Adjugé : 81 770 

Les délicates corolles des anémones s’épanouissaient à 81 770 € sur cette feuille due au crayon d’Eugène Delacroix (1798-1863), plus jolie fleur d’un ensemble de neuf études. Les autres représentaient des personnages (2 138 et 2 516 €), des chevaux (6 541 €), une tête de lionne de profil (1 509 €) ou encore différentes espèces végétales 13 209 € pour une Feuille pliée recto verso avec études de plantes. Ces dessins peuvent paraître anecdotiques dans l’œuvre du grand maître du XIXe siècle, mais ils ne le sont pas. Rapidement esquissés, montrant sa curiosité naturaliste, ils seront repris dans cinq grandes compositions florales, éclatantes de couleurs et d’imagination, présentées pa l’artiste au Salon de 1849. Delacroix aime profondément la nature. Il en a besoin pour se ressourcer loin du tumulte de la grande ville et au hasard de ses «délicieuses promenades», note dans son journal : «profusion de fleurs énormes», «camélia d’une taille extraordinaire», «architecture subtil [sic] d’un lys jaune»… L’artiste réalise aussi des croquis qui rappellent les planches des naturalistes illustrant les livres de botanique tant la composition est aérienne et subtilement agencée. Un heureux délassement aujourd’hui prisé à l’égal d’une œuvre à part entière.

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