Un cabinet de curiosités plus vrai que nature

Le 16 mai 2019, par Philippe Dufour

Au sein de ce programme dense, composé d’objets d’art, tableaux et beau mobilier classique, brillaient quelques pépites, évoquant les noms de Latz, Joire, Lallemand et Joncherie. 

Gabriel-Germain Joncherie (1800-1850), Trompe-l’œil illustrant un cabinet de curiosités, 1823, huile sur toile, 60 49 cm. Adjugé : 12 160 


Dans la première moitié du XIXe siècle, ce dernier, prénommé Gabriel-Germain, s’est affirmé comme un maître du trompe-l’œil. Fort apprécié sous la Restauration et le règne de Louis-Philippe, il n’a pas son égal pour rendre accessoires, documents et animaux naturalisés. En attestait ce Trompe-l’œil illustrant un cabinet de curiosités, une toile signée et datée 1823, nécessitant 12 160 €. Il était préempté pour le musée des beaux-arts de Rouen, afin de compléter une collection importante de trompe-l’œil. Pour la même somme, on pouvait aussi préférer un tableau attribué à Jean-Baptiste Lallemand, une Scène animée dans un paysage lacustre peinte sur toile. Rappelons que ce peintre éminent, reçu à l’académie de Saint-Luc en 1751, a excellé dans la représentation de marines et de paysages. Cependant, c’est du côté du mobilier du XVIIIe siècle qu’il fallait aller chercher le meilleur résultat, avec les 29 792 € offerts pour un grand bureau plat attribué à Jean-Pierre Latz. Ce dernier, naturalisé français, deviendra en 1741 «ébéniste privilégié du roi», et livrera des meubles aux riches placages et garniture de bronze doré. Ici, il était probablement l’auteur de cette pièce, de forme mouvementée en bois de rose, de satiné et d’amarante à décor d’une marqueterie de guirlandes feuillagées et fleuries, entièrement marquetée sur les quatre faces. Mais concluons sur un bronze de Jean Joire, mettant un énergique Cheval harnaché trottant, un sujet à patine brune, adopté pour 11 552 €.

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