Été et automne, les saisons de l’art moderne

Le 05 décembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Van Dongen jouant la nostalgie et Henri Martin, en ses terres de Marquayrol, illustraient avec succès deux facettes de la modernité.

Kees Van Dongen (1877-1968), Calèche avenue du Bois de Boulogne, vers 1954, huile sur toile, 54 65 cm.
Adjugé : 450 800 

Chacune avait eu l’honneur d’une couverture de la Gazette, le 20 septembre à la veille de l’automne (no 31, voir l'article Marquayrol, symphonie de peinture) pour l’une et le 15 novembre (no 39, voir l'article Un Van Dongen nostalgique) pour la seconde. Toutes deux repartaient auréolées de succès. La Pergola à l’automne, Marquayrol d’Henri Martin (1860-1943), peinte vers 1910-1920, irradiait de tous ses rouges pour retenir 170 016 €, tandis que la Calèche avenue du Bois de Boulogne de Kees Van Dongen (1877-1968), réalisée vers 1954, rejoignait l’arc de Triomphe à la vive allure de 450 800 €. Chacune de ces toiles convoquait à sa manière un thème cher à son auteur, l’élégance parisienne pour le plus français des Hollandais et la flamboyance de la nature pour le Toulousain. Avant que l’avenue du Bois-de-Boulogne ne s’appelle avenue Foch, des élégantes l’arpentaient, des fillettes y jouaient au cerceau, des calèches la remontaient : tout cela sentait bon la douceur de vivre d’antan, même l’air délicatement rosé semblant ouaté… Cette intemporalité, Van Dongen a su l’imposer année après année, sans qu’aucune ride ne vienne apporter son ombre. L’esprit est tout autre chez Henri Martin, mais le résultat final exprime lui aussi une sorte d’universalité, celle de la nature resplendissante dans ses habits automnaux. La modernité, illustrée également par les 28 336 € d’un Chemin au printemps (50 65 cm) d’Achille Laugé (1861-1944) dépeint en 1918, sortait renforcée de cet opus. Par ailleurs, d’autres trouvailles s’y glissaient, dont la délicate Vierge en buste de Giovanni Battista Salvi, dit Sassoferrato (1605-1685), qui recueillait 39 928 €. On en connaît plusieurs versions, dont l’une se trouve au monastère de San Pedro d’Alcántara, à Arenas de San Pedro en Espagne. Un tapis oriental ouchak, de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle (198 137 cm), se transformait quant à lui en tapis volant et emportait à 34 776 € les achats vers de nouvelles destinations.

Henri Martin (1860-1943), La Pergola à l’automne, Marquayrol, vers 1910-1920, huile sur toile, 84 x 80,5 cm. Adjugé : 170 016 €
Henri Martin (1860-1943), La Pergola à l’automne, Marquayrol, vers 1910-1920, huile sur toile, 84 80,5 cm.
Adjugé : 170 016 
mercredi 27 novembre 2019 - 11:00,14:00 - Live
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