Les animaux fétiches de Pablo Picasso

Le 07 novembre 2019, par Philippe Dufour

Du maître solaire, on avait ce volatile nocturne, tandis qu’avec la verrerie de Meisenthal, l’art nouveau égrenait, ici aussi, ses notes fleuries et mélancoliques.

Pablo Picasso (1881-1973), Hibou, 1953, sculpture en terre de faïence blanche à engobes polychromes rouge et noir, édition à vingt-cinq exemplaires, marquée sous le talon «Édition Picasso 18 Madoura», h. 32,5 cm.
Adjugé : 75 640 

Pour l’atelier Madoura, Pablo Picasso, délaissant «toros et toreros», colombes et profils féminins, avait choisi, cette fois, de représenter un oiseau jadis jugé comme inquiétant, le Hibou (voir Gazette n° 36, page 116). Il donne sa forme à une sculpture (h. 32,5 cm) en terre de faïence blanche, à engobes polychromes rouge et noir ; sous le talon se lit la marque «Édition Picasso 18 Madoura». Pour cette rare édition à vingt-cinq exemplaires, sortie en 1953 (et référencée sous le n° 224 dans le catalogue d’Alain Ramié), un collectionneur n’avait pas craint, lui, d’avancer 75 640 €. À ce beau score n’est pas étranger le fait que notre hibou provenait d’une famille de Perpignan à laquelle il avait été offert par Picasso lui-même, lors d’un de ses nombreux séjours dans la cité catalane… Pour 3 904 €, on se consolait avec un vase balustre en verre doté d’un décor floral dégagé à la meule (h. 14 cm), portant la signature de la fabrique de Meisenthal, et datant des alentours de 1900. Celle-ci voit le jour en 1702 dans la petite ville de Moselle, et prospérera jusqu’en 1969, date de sa fermeture. Du côté des cimaises, se détachait surtout un tableau sur Isorel de Marcel Wibault (55 80 cm), représentant Les Grandes Jorasses, panorama impressionnant qui changeait de mains pour 4 270 €.

samedi 26 octobre 2019 - 14:00 -
Domaine de Lacoste, avenue de la Côte-des-Roses 11100 Narbonne
Meyzen
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