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Les charmes sacrés de l’Asie et la saga impériale en France

Le 04 juin 2020, par Philippe Dufour

On parcourait ici le vaste monde, d’une Indonésie quelque peu fantasmée à la France du second Empire et de Toulouse-Lautrec.

Les charmes sacrés de l’Asie et la saga impériale en France
Adrien-Jean Le Mayeur (1880-1958), Danseuses, dessin au fusain, sanguine, craie blanche et rehauts de gouache, signé en bas à droite, 47 61,5 cm.
Adjugé : 29 760 

La première destination était illustrée par le peintre belge Adrien-Jean Le Mayeur, mettant en scène neuf porteuses d’offrandes à la poitrine dénudée (voir l'article Adrien Jean Le Mayeu, un Belge à Angkor Vat de la Gazette n° 20, page 138). Décrit d’abord comme la représentation d’une cérémonie religieuse à Angkor, ce dessin au fusain rehaussé (47 61,5 cm) a depuis été resitué à Bali, sur l’avis d’un spécialiste de l’artiste. Ce que corrobore la biographie de ce dernier, qui découvre l’île des Dieux en 1932, avant de s’y installer définitivement avec sa compagne Ni Pollok, danseuse de legong, ballet exécuté dans les palais. Pour ces modernes apsaras, les admirateurs rivalisaient jusqu’à 29 760 €, soit plus du double de l’estimation initiale. Retour dans l’Europe, mais au XIXe siècle, avec, pour le même prix, la possibilité d’acquérir le célèbre buste de S.A. le Prince impérial (h. 62 cm), un bronze à patine brune offert à l’un de ses fidèles, en 1868, par l’empereur Napoléon III, comme l’indique une inscription sur le socle de bois. Son auteur ? Jean-Baptiste Carpeaux, bien sûr, qui l’avait signé et daté aux Tuileries, à Pâques 1866. L’effigie enfantine était accompagnée de l’incontournable groupe du même artiste, plus accessible : Le Prince impérial et son chien Néro (h. 27,5 cm), bronze à patine brune de 1865, récoltait 5 084 €. On restait ensuite dans les arts du métal, avec une sculpture acérée de César, animant un Scorpion (h. 18,5 cm). En fer soudé, la créature est signée et datée 1955, un millésime qui n’était sans doute pas étranger à son score de 29 140 €. Une pépite fermait la marche, portant le précieux cachet d’Henri de Toulouse-Lautrec : il s’agit de Feuilles d’études, ou dessins à la plume double face (21 16 cm), provenant de la collection Séré de Rivières. Pour ces croquis de chevaux et de cavaliers – tout l’univers de jeunesse de Toulouse-Lautrec –, il fallait offrir 4 836 €.

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