De Dufy à Boudin, les lumières de la côte normande

Le 28 mai 2020, par Philippe Dufour

Peintures et sculptures par les plus grands maîtres des XIXe et XXe siècles composaient cette vente prestigieuse, qui se voyait, sans surprise, couronnée de succès.

Raoul Dufy (1877-1953), Le Casino Marie-Christine du Havre, 1910, huile sur toile signée, 46 55 cm.
Adjugé : 192 200 

En tête du palmarès, saluons Raoul Dufy, qui voyait son Casino Marie-Christine du Havre (46 55 cm) attirer pas moins de 192 200 €, en raison sans doute de sa date précoce : 1910 (voir l'article Raoul Dufy, Le Havre pour toujours de la Gazette n° 20, page 140). En outre, la toile a certainement été très disputée parce qu’elle évoquait un édifice aujourd’hui disparu, mais toujours regretté par les Havrais : le Casino Marie-Christine, du nom de la reine d’Espagne ayant vécu son exil dans le grand port français. Coiffé de clochetons et de coupoles, il surplombait la plage du Havre avant d’être endommagé par les bombardements de 1944, et finalement rasé dans les années 1960… Cette toile importante apparaît bien sûr dans le catalogue raisonné de Maurice Laffaille (tome I, n° 319) et a été vue dans sept expositions, la dernière étant justement consacrée à «Raoul Dufy au Havre» par le MuMa de la cité maritime en 2019. Signalons d’ailleurs que la même institution possède une autre version du Casino Marie-Christine par l’artiste, toujours de 1910. Du même, on pouvait également emporter Amphitrite – une huile sur panneau (27,5 19,5 cm) signée en bas à droite, mettant en scène un nu féminin écoutant un coquillage –, ceci à condition d’en offrir 20 708 €. C’était ensuite au tour d’Othon Friesz de proposer un paysage à la facture tout aussi moderne, et représentant le Quai à Toulon (100 65 cm) ; un lot aux cernes dynamiques qui s’élevait jusqu’à 12 400 €, à partir d’une estimation maximale de 9 000 €. Adepte de la touche postimpressionniste, Léon-Jules Lemaître, chantre de la ville et de l’école de Rouen, en a souvent décrit Le Pont Corneille (dynamité en 1940 et reconstruit par la suite) ; on le retrouvait intact grâce à un tableau (21 31 cm) le figurant un jour de pluie de 1891, bien avant d’être adjugé 9 920 €.

Né à Albano Laziale, en Italie, Antoniucci Volti (1915-1989) s’affirmera avec ses nus féminins comme l’un des meilleurs plasticiens s’insc
Né à Albano Laziale, en Italie, Antoniucci Volti (1915-1989) s’affirmera avec ses nus féminins comme l’un des meilleurs plasticiens s’inscrivant dans la veine figurative et sensuelle initiée par un Aristide Maillol. Après la Seconde Guerre mondiale, installé en France, il multiplie les images de corps tout en rondeurs, à l’instar de cette importante sculpture en terre cuite qui met en scène Carleen et la Terre (48 30 41 cm) ; signée sur le côté droit, elle pouvait prétendre à la somme de 16 120 €.
Georges Rouault (1871-1958) s’était également invité à Rouen avec cette toile de petites dimensions (26 x 14 cm), qui n’en contenait pas m
Georges Rouault (1871-1958) s’était également invité à Rouen avec cette toile de petites dimensions (26 14 cm), qui n’en contenait pas moins toute la puissance poétique du maître. Personnage au soleil, portant au dos un cachet de l’atelier du peintre ainsi qu’une signature d’Isabelle Rouault, devait ainsi changer de mains
pour
25 420 €. L’œuvre avait été achetée par son dernier propriétaire lors d’une vente de la maison Blache à Versailles, le 7 juin 1978.
55 800 € : c’est la somme qu’il fallait avoir prévue pour devenir le nouveau propriétaire d’un tableau portant la signature d’un des plus
55 800 € : c’est la somme qu’il fallait avoir prévue pour devenir le nouveau propriétaire d’un tableau portant la signature d’un des plus grands chroniqueurs de la Normandie, Eugène Boudin (1824-1898). Dieppe, place Nationale un jour de marché (45 37 cm) a été peinte vers 1892-1896 à l’huile sur panneau, signée en bas à gauche. On peut y détailler l’abside de l’église gothique Saint-Jacques, avec ses contreforts et ses arcs-boutants qui se découpent sur le ciel gris. L’œuvre figure dans le catalogue raisonné établi par Robert Schmit, sous le n° 3056.
Entité primordiale dans la hiérarchie des saints, l’archange saint Michel est apparu sous la forme d’une sculpture en ronde bosse, en bois
Entité primordiale dans la hiérarchie des saints, l’archange saint Michel est apparu sous la forme d’une sculpture en ronde bosse, en bois polychromé et doré (h. 108 cm). Revêtu d’une armure, mais tête nue et bouclée, le voici en train de terrasser le démon à l’apparence d’un dragon, à l’aide de sa lance… Une statue qui est un très bel exemple de l’art des sculpteurs de l’Allemagne du Sud, au Tyrol, autour de 1500 (expert Mme Fligny). Aussi, à partir d’une estimation haute de 3 500 €, la figure chevaleresque s’envolait-elle jusqu’à 11 408 €.
dimanche 24 mai 2020 - 14:00 - Live
20, rue Croix-de-Fer 76000 Rouen
Guéry Maison de Ventes
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