Les passions particulières de Majorelle, Rebeyrolle et Vasarely

Le 02 septembre 2021, par Philippe Dufour

À Biarritz, une petite leçon d’art moderne avec trois maîtres du XXe siècle s’imposait, emmenée par une vision orientaliste due au peintre de Marrakech.

Jacques Majorelle (1886-1962), Marrakech : les marchandes de tapis, pastel, 84,5 103 cm.
Adjugé : 177 744 

Vue dans la Gazette n° 29 (voir l'article Au coeur du souk El Khemis page 76), cette scène volée au souk El Khemis de Marrakech, et traitée au pastel, a multiplié par plus de trois son estimation haute, avec un résultat de 177 744 €. Jacques Majorelle y révèle un art aux limites de l’abstraction, prenant pour prétexte des marchandes de tapis proposant leurs productions. Les silhouettes de ces femmes, venues peut-être de l’Atlas tout proche et brandissant des tissages de laine, accentuent la verticalité d’une composition très sobre. Bien différente s’avère la toile suivante, à la gestuelle énergique, emportée pour 38 640 € : La Belle (180 235 cm), signée Paul Rebeyrolle. Cette technique mixte porte au dos l’étiquette de la galerie Maeght à Zurich. Elle n’est pas une inconnue car, dès mars 1973, elle a été reproduite dans la revue artistique Derrière le miroir (n° 202, page 11). Victor Vasarely préférait pour sa part une abstraction raisonnée et purement géométrique, à l’image de Kanta Majus, un prototype original exécuté en 1970, pièce unique constituée d’un collage d’éléments en plastique («Basf - Luran»), de couleurs vives, fixé sur un panneau de contreplaqué (105 100 cm). Les principes de l’optical art élaborés par Vasarely s’incarnaient parfaitement dans cette pièce aux dégradés vibrants, attirant 21 896 €.

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