Les miroirs de Line Vautrin à la parade

Le 08 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

Les créations avaient de quoi être fières, l’une ayant fort belle allure avec sa crête de coq, la seconde prenant rendez-vous avec la Lune.

Line Vautrin (1913-1997), miroir dit «Crête de coq», talosel et fragments de miroir teintés rose et jaune, diam. 52 cm.
Adjugé : 146 740 

Même si les miroirs de Line Vautrin sont courants sur le marché, on ne s’en lasse pas tant ils sont variés et montrent l’univers poétique d’une artiste en constant renouvellement d’inspiration. Le premier des deux proposés ici est plus connu et surtout plus fréquent, ce qui n’enlève rien à son pouvoir d’attraction. Né en 1958, nommé «Le Soleil a rendez-vous avec la Lune ou la Folie» (diam. 83 cm), inspiré de la coiffe du personnage médiéval du fou du roi et réalisé en talosel noir, il était décroché à 122 496 €. Le second est plus incroyable : dit «Crête de coq», il est constitué d’une série de longues pointes rayonnantes incrustées de fragments de miroir, ici teintés en rose et en jaune. Fascinant, il se haussait à 146 740 €. Ce modèle imaginé vers 1959 se décline sur une base en talosel noir avec différentes couleurs de morceaux de verre. On ne reviendra pas ici sur l’histoire, mille fois racontée, de la créatrice et de ses recherches sur la matière qui l’ont conduite à l’invention du talosel, mais on insistera sur la farouche volonté d’indépendance de cette femme. Ce tempérament lui permit de s’imposer dans le milieu plutôt masculin du design de l’après-guerre. En toute singularité et transparence.

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