Des ruines d’Hubert Robert au Japon d’Hiroshige

Le 18 février 2021, par Philippe Dufour

Invitation à un périple immobile avec cette vacation, où a dominé le maître des ruines habitées, accompagné des «Images du monde flottant» inventées par les dessinateurs japonais.

Hubert Robert (1733-1808), Promeneurs dans un paysage aux ruines, huile sur toile, signée sur la pierre, 155 145 cm.
Adjugé : 51 660 

Enveloppés de longs manteaux qui les font ressembler à leurs lointains ancêtres romains, ces Promeneurs dans un paysage de ruines s’inscrivent dans l’univers quelque peu onirique d’Hubert Robert, à la limite du rêve et de la réalité (voir l'article Le glorieux passé selon Hubert Robert de la Gazette n° 6, page 82)… La toile (155 145 cm) qui mêle éléments antiques et personnages plus modernes devait faire mouche, en dépassant largement l’estimation haute, avec un résultat de 51 660 € obtenu après une dispute entre dix téléphones. Cap sur l’Asie la plus lointaine avec le lot suivant : un album dépliant (36,5 24 cm) de 162 estampes polychromes «oban tate-e», à double face, confectionné au Japon au XIXe siècle et présentant des vues de l’empire du Soleil-Levant ou des personnages de la société nippone, de l’acteur de théâtre au samouraï. Sur sa première face, figurent entre autres quatorze estampes de la fameuse série des Paysages célèbres des soixante provinces du Japon d’Hiroshige, et vingt-huit de la série Les Cinquante-Trois Stations du Tôkaido d’Utagawa Kunisada. Sur l’autre, se déploient les Histoires de cent héros de grande renommée de Kuniyoshi, ou le triptyque La Chasse au pied du mont Fuji de Sadahide… Cet ensemble haut en couleur a trouvé un admirateur prêt à débourser 28 290 €. Quant à Mario Prassinos, sa Composition pour Myriam, 19 septembre 59 a également déclenché les passions, en particulier parmi les acheteurs grecs ; l’huile sur toile signée, datée et dédicacée au dos (65 54 cm) a été décrochée contre 11 808 €. Enfin, témoignage émouvant, il y avait aussi un Portrait présumé de Jeanne Hébuterne, réalisé par une personne de son entourage. Cet étonnant masque en métal repoussé (30 14 cm), portant la trace d’un monogramme, a suscité 11 070 €.

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