Une paire de pistolets de la garde rapprochée de Christian II

Le 08 octobre 2020, par Anne Doridou-Heim

Un électeur de Saxe, un officier de la garde rapprochée et un arquebusier réputé étaient les trois atouts d’une paire de pistolets allemands du début du XVIIe siècle. 

Dresde, Allemagne, 1610. Paire de pistolets à rouet d’officier de la garde de Christian II (1591-1611), électeur de Saxe, poinçonnés de l’arquebusier Georg Geissler (1569-1616), canons à trois registres à pans, l. 76 cm.
Adjugé : 44 660 



Christian II, électeur de Saxe de 1591 à 1611, disposait évidemment d’une garde composée d’officiers, lesquels ne pouvaient qu’être richement parés. En témoigne cette paire de pistolets à rouet, aux crosses en bois fruitier incrusté de plaques d’os gravées de feuillages, de rosaces, d’escargot pour l’un et d’un monstre marin pour l’autre, terminés par des pommeaux en forme de poire. Un travail d’un grand raffinement exécuté qui plus est à Dresde en 1610 par l’arquebusier Georg Geisser (1569-1616), comme son poinçon gravé sur les tonnerres en atteste. Voilà pour la dernière et non la moindre de leurs qualités ! Ces armes, disposant de trois atouts dans leurs canons à pans, ont fait feu à 44 660 €. Si elles étaient les plus valeureuses, elles n’étaient pas les seules à se faire remarquer lors de cette vente dédiée à la spécialité : un sabre d’honneur d’officier de grosse cavalerie, à garde en argent gravée et fusée en ébène filigranée d’argent, paradait fièrement à 22 968 €. Il faut dire que la pièce était aussi historique qu’esthétique. Datant du Consulat (1799-1804), réalisée par la manufacture de Versailles de Boutet, elle fut offerte par Bonaparte au jeune Louis-Julien-François Boulet (1773-apr. 1841) pour la bravoure qu’il avait déployée lors des révoltes s'étant soulevées dans l’ouest de la France. Le lieutenant de gendarmerie, galvanisé par cet honneur, ne s’arrêta pas là et mena une brillante carrière au service de la Nation.

Panorama (après-vente)

Fouille historique

Le 08 octobre 2020, par Anne Doridou-Heim

Gainée de sa patine de fouille, cette épée à garde droite et à section ronde, datant des années 1450 (l. 97 cm), surprenait son monde. Elle n’avait pas peur de trancher dans le vif à 35 728 € (décuplant ainsi son estimation) lors de la vacation militaria de Thierry de Maigret (M. Croissy) du jeudi 1er octobre à Drouot. Ce modèle, probablement anglais, est proche de ceux retrouvés à Castillon-la-Bataille, lieu en 1453 des derniers combats de la guerre de Cent Ans. Une pièce en tout point historique qui a une sœur dans les collections du musée de l’Armée.

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