Charité savoyarde par Jean-Baptiste-Marie Pierre

Le 17 décembre 2020, par Anne Doridou-Heim

La peinture ancienne côté scène de genre ou sujet animalier, deux facettes de plus en plus recherchées.

Jean-Baptiste-Marie Pierre (1714-1789), La Savoyarde (reproduite) et Le Savoyard, paire d’huiles sur toile, 132 98 cm.
Adjugé : 105 300 


Les Savoyards portent bonheur à la maison Millon. Le 24 juin dernier, elle adjugeait pour 22 103 € – record du monde selon Artnet – une paire de toiles de Claude Bonnefond (1796-1860) intitulées La Chambre des petits Savoyards et Un vieillard aveugle conduit par sa petite fille. La première mettait en scène un charmant bambin montreur de marmottes, un thème prisé de l’époque romantique mais qui trouve son origine au XVIIIe siècle, ainsi que le rappelait une autre paire de toiles, de Jean-Baptiste-Marie Pierre (1714-1789) cette fois. La Savoyarde (reproduite ci-contre), généreuse mère nourricière entourée de sa tribu joufflue, était accompagnée de son Savoyard, agenouillé auprès d’une femme au fichu et honoré avec elle de 105 300 €. En la peignant dans une aussi grande dimension (132 98 cm) et à la manière du sujet biblique de la Charité romaine, Pierre, spécialiste des scènes de genre (voir l'article Jean-Baptiste-Marie Pierre page 60 de la Gazette n° 43 du 4 décembre), hisse cette femme du peuple à la valeur d’icône. Il brossera de même une maîtresse d’école, une scène de ménage et une lanterne magique, trois tableaux exécutés comme cette paire à son retour d’Italie (1740) et après sa réception à l’Académie (le 8 avril de la même année). Le Belge Eugène Verboeckhoven (1798-1881) a choisi quant à lui de livrer une véritable ode à la gent animale, et tout particulièrement à la famille des ovidés. Cette fois, ce sont des Moutons dans la bergerie, une paire de panneaux de 1857 (58,7 76 cm), qui paissaient à 47 450 €. Ce libéral convaincu – ayant joué un rôle actif dans la révolution de 1830 – semble préférer à la compagnie des hommes celle des bêtes, même s’il a livré aussi des paysages et des portraits. Ce sont bien les compagnons à quatre pattes qui lui valent la célébrité, d’exposer dans la plupart des salons de France et de Belgique et d’être accroché dans des institutions publiques européennes.

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