Sage confidence pour une féerie

Le 08 décembre 2017, par Anne Doridou-Heim

Objet d’un focus dans la Gazette n° 41 du 24 novembre (pages 70 à 73), le foisonnant XIXe siècle se retrouvait à l’honneur à Drouot.

Carlos Schwabe (1866-1926), Noël ou la Confidence de l’ange, gouache, 85 x 64 cm.
Adjugé : 33 800 €

À la suite de la dernière vente consacrée à l’esprit bohème, la maison Leclere poursuit sa prospection dans l’aventure des arts décoratifs. Le thème est suffisamment vaste pour permettre d’exposer côte à côte mobilier, orfèvrerie, céramiques et peintures. C’est ce dernier domaine qui se faisait plus particulièrement remarquer, notamment avec une nouvelle préemption du musée Fabre de Montpellier, qui concernait cette fois une ténébreuse vue du mont Saint-Michel (reproduite page 156) de Théodore Gudin (1802-1880). La sagesse était ensuite récompensée par les 33 800 € portés sur cette gouache de Carlos Schwabe (1866-1926), titrée Noël ou la Confidence de l’ange. On ne peut entendre ce que l’ange chuchote à l’oreille de la fillette, mais à deviner l’âtre de la cheminée derrière l’apparition et à la lecture du titre, on peut imaginer qu’il s’agit d’une promesse des plus attendues. L’artiste autodidacte, naturalisé suisse, est certes davantage connu pour ses œuvres sombres, qui surprennent voire saisissent. Il deviendra l’une des figures marquantes du symbolisme européen, illustrateur de la tendance idéaliste et proche du sâr Mérodack Joséphin Péladan. C’est la présentation au Salon de la Rose + Croix de 1892 des illustrations originales conçues pour L’Évangile de l’enfance, de Catulle Mendès, qui le fera connaître du jour au lendemain, tant elles seront admirées par le public. Son dessin y apparaît pour la première fois dans toute sa personnalité, méticuleux, teinté d’archaïsme et de féerie. Son art ne transigera jamais avec une grande pureté, reflet d’une âme visionnaire, obsédée par la poursuite d’un idéal artistique et moral. Peu de temps après cette première contribution à la littérature, il se lance dans l’illustration du roman d’Émile Zola Le Rêve. La célébrité lui est acquise et, bien que solitaire, devient une personnalité en vue du Paris artistique. C’est alors, au tournant du XXe siècle, que naîtront quelques-uns de ses chefs-d’œuvre dont La Mort et le fossoyeur, du musée d’Orsay.

Panorama (après-vente)

Préemption

Le musée Fabre de Montpellier a rythmé toute l’année 2017 de ses nombreuses préemptions. Celle-ci n’est pas encore terminée, aucune raison donc pour l’institution de s’arrêter ! Cette fois, c’est à une toile de Théodore Gudin (1802-1880), de 1830, représentant Le Mont-Saint-Michel sous l’orage (97 x 138 cm) qu’elle s’intéressait, à 53 300 €, lors de la vente dédiée au XIXe siècle par la maison Leclere à Drouot, le vendredi 1er décembre, poursuivant ainsi l’enrichissement de ses collections consacrées à ce siècle fécond.

vendredi 01 décembre 2017 - 14:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Leclere - Maison de ventes ,
De Baecque et Associés
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