Les arts décoratifs selon Majorelle, Arman ou van der Meeren

Le 04 juin 2020, par Philippe Dufour

Des univers s’opposaient, celui de Majorelle inspiré de la chicorée, et celui musical d’Arman l’iconoclaste...

Louis Majorelle (1859-1926), salle à manger modèle « Chicorée » en noyer mouluré et sculpté, vers 1890-1900, comprenant : deux buffets à dessus marbre (137 166 45 cm et 144 164 45 cm), un buffet vitrine (195 100 39 cm), une table (73 157 128 cm), huit chaises à dossiers écussons (102 33 40 cm), une horloge de parquet (219 51 32 cm) et un miroir (160 106 cm).
Adjugé : 24 400 

Louis Majorelle avait choisi, cette fois, les feuilles découpées de la chicorée – plante modeste et nourricière qui s’épanouit dans les prés –, pour orner un mobilier de salle à manger. En noyer mouluré et sculpté,
il se compose de deux buffets à dessus de marbre, l’un à fond de glace, le second agrémenté en son centre d’une fleur de chicorée épanouie, ainsi que d’une vitrine, agrémentée, elle, d’un hortensia… Une table rectangulaire, huit chaises, un miroir et une horloge de parquet sculptée viennent compléter ce riche ensemble art nouveau exécuté vers 
1890-1900. Dûment répertorié dans l’ouvrage référence d’Alastair Duncan, Majorelle (Flammarion, 1991), et dans celui de Roselyne Bouvier (éditions Serpenoise, 1991), ce modèle champêtre changeait de murs moyennant 24 400 €. Atmosphère différente avec le lot suivant : une table violoncelle d’Arman ; comme son nom l’indique, elle repose sur un piétement composé de l’emblématique instrument à cordes éclaté, en bronze poli. Pour cet exemplaire signé et numéroté 5/20 (50 166 53 cm) aux éditions Diego Strazzer, et accompagné d’un certificat « Arman Studio New York », il fallait avoir prévu 16 148 €. Quant au designer ancré dans le modernisme belge Willy Van Der Meeren, il a plutôt privilégié les lignes géométriques et les couleurs franches pour son mobilier. En a ici témoigné, pour 6 832 €, Tubax, un buffet à deux portes coulissantes en métal laqué gris et jaune, sur piétement métallique croisé laqué noir (90 116 56 cm). On finissait ce périple immobile, grâce à la fantaisie de Pablo Picasso, qui a créé pour l’atelier Madoura un plat en céramique (31 38 cm) décoré d’une Corrida sur fond noir ; produit à 500 exemplaires, on le retrouve dans la somme d’Alain Ramié, Picasso catalogue de l’œuvre céramique édité 1947-1971 (Vallauris, 1988) sous le numéro 198. Il obtenait 8 296 €.

vendredi 22 mai 2020 - 14:30 - Catalogue
54, rue Pierre-Martin - Parc d'activités de l'Inquétrie 62280 Saint-Martin-Boulogne
Enchères Côte d'Opale
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