Vladimir Velickovic en pleine vitesse

Le 28 mai 2020, par Anne Doridou-Heim

Le peintre d’origine serbe levait tous les obstacles et s’offrait un record du monde, avec à ses côtés deux figures originales du XXe siècle, Dado et Antonio Seguí.

Vladimir Velickovic (1935-2019), Trois états du saut, 1975, huiles sur toile, triptyque signé (détail, daté et titré au dos de chaque élément, 198 438 cm (l’ensemble), 198 146 cm (chaque toile).
Adjugé : 78 000 €

Le chiffre 13 portait bien chance à la maison de ventes, qui poursuivait à huis clos son exploration des multiples facettes de l’art du siècle dernier. Il y était cette fois question de corps et de mouvement. Treize œuvres au départ et de multiples succès à l’arrivée pour Vladimir Velickovic, mais aussi pour Dado, né lui aussi dans la Yougoslavie de l’entre-deux-guerres (au Monténégro) et pour l’Argentin Antonio Seguí (né en 1934), vivant désormais en France. Le triptyque les Trois états du saut, conçu en 1975 et résonnant comme un hommage aux travaux de l’Anglais Muybridge, avait été choisi pour illustrer la couverture de Gazette du 6 mars (voir l'article Vladimir Velickovic, l’art de sortir du schéma numéro 9, page 6). Il courait à perdre haleine vers un record du monde de 78 000 €. Cette prouesse apportait sa lumière à ces temps sombres. L’artiste, professeur apprécié à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, poursuivait son exploration du corps humain avec une technique mixte réalisée à l’encre, acrylique et collage sur papier (157,5 118 cm), portée à 11 700 €, et une encre et crayon de 1993 (mêmes dimensions) dessinée à 8 580 €. À ses côtés, Les Balayeurs de sang I (146 114 cm) de l’énigmatique Dado (1933-2010) s’installaient dans le paysage à 24 700 €. Cette œuvre d’une grande force imaginative avait été présentée et acquise en 1973 – année de sa création – à la galerie Jeanne Bucher. À l’instar de nombre des peintures de l’artiste, celle-ci dénonce à travers un univers fantastique les atrocités du XXe siècle. Quant à l’œuvre d’Antonio Seguí, c’est également en pleine course qu’elle était saisie. Ses Joggers peints sur toile en 1978 (195 195 cm) étaient stoppés à 45 500 €. L’angoisse existentielle de ses premières œuvres ayant laissé place à la facétie et l’humour, il développe ensuite une comédie humaine absurde, un théâtre du monde dans lequel un homme s’ébat, y recherchant sa place. Ces résultats prouvent que l’énergie vitale de l’art est toujours intacte… et c’est rassurant.

mercredi 06 mai 2020 - 11:00 - Live
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