Les souvenirs de la villa La Pausa

Le 11 juillet 2019, par Anne Doridou-Heim

Des fantômes célèbres bienveillants, un cadre enchanteur au-dessus de la Grande Bleue et des résultats évidemment supérieurs aux estimations.

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), La Passagère du 54 - Promenade en yacht, 1896, lithographie en couleurs sur vélin, épreuve de la seconde édition avant le texte de l’affiche, 60,5 44,5 cm.
Adjugé : 22 100 

Le mobilier des palaces fascine, comme celui des lieux de mémoire ayant un temps accueilli des hôtes célèbres. Celui de la villa La Pausa, bâtie face à la Méditerranée pour Gabrielle Chanel entre 1928 et 1930 par l’architecte Robert Streitz (voir l'article Luxe, calme et Méditerranée de la Gazette no 25 du 28 juin, page 49), possédait toutes les clés pour retenir l’attention d’amateurs et de nostalgiques. Sa vente s’est donc logiquement conclue sur un produit total de près de 800 000 €, avec quelques belles enchères pour des pièces cultes par leur provenance. En rachetant la demeure en 1953, Emery et Wendy Reves conservent une partie des biens de la Grande Mademoiselle, partie pour des terres plus austères, et les complètent par des acquisitions illustrant leur goût pour les arts modernes. Ainsi d’une lampe de table en bronze à patine brune d’Alberto Giacometti (1901-1966) ornée d’une tête de femme (130 000 €), de deux œuvres de Marie Laurencin (1883-1956), un Projet de décor pour «Les Biches» de 1923 gouaché sur un éventail (13 000 €) et une Femme au collier de perles  (29,5 25 cm) à l’aquarelle, typique par sa légèreté et sa fluidité (27 300 €), d’un plat de Picasso (1881-1973) à décor de scène tauromachique en faïence de Madoura (13 000 €) et de l’ensemble de pièces en céramique d’André Metthey (1871-1920) le grand vase animé de cavaliers et d’animaux fantastiques (27 300 €, reproduit dans l’article susmentionné), avec son bleu turquoise élégamment apposé, faisait écho à celui de la mer en contrebas. Ainsi encore de La Passagère du 54 - Promenade en yacht, lithographiée par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) en 1896 pour un projet d’affiche, tellement en phase avec le cadre marin (22 100 €, reproduite ci-contre)… Parmi les souvenirs conservés de la précédente élégante propriétaire, une paire d’appliques en bois sculpté doré italiennes du XVIIIe siècle montées postérieurement en miroir accrochait 26 000 €, et un imposant lustre en fer forgé patiné à la feuille d’or d’environ 3 mètres de hauteur, 4 550 €. Enfin, plus anecdotique mais amusant car le tout est «siglé» Chanel, une partie de batterie de cuisine, en cuivre étamé et fer, faisait le coup de feu à 9 100 € !

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne