Alexandre Trauner, travelling arrière

Le 24 octobre 2019, par Anne Doridou-Heim

Les archives d’Alexandre Trauner plongeaient les passionnés au cœur du cinéma d’hier et dans un voyage à travers tous les continents.

Alexandre Trauner (1906-1993), Les Bureaux d’une importante compagnie d’assurances, décor pour La Garçonnière (The Apartment) de Billy Wilder, 1958-1960, gouache sur papier, 40,5 99 cm.
Adjugé : 5 410 

Discret et «doux anar», ainsi que l’Événement consacré à cette personnalité atypique de la photographie et du cinéma le décrivait (voir l'article Trauner, doux anar de la photo et du cinéma de la Gazette no 33 du 4 octobre, page 12), Alexandre Trauner (1906-1993) a traversé le siècle et le monde avec humanité. Il a accompagné les plus grands cinéastes (d’Yves Allégret à Anatole Litvak, en passant par Orson Welles et John Huston) sur les lieux choisis pour leurs tournages. En repérage permanent, nourri de tout ce qu’il découvrait, le plus beau comme le pire de la misère humaine (en témoigne une saisissante série réalisée dans les rues de Dublin), ne fermant les yeux devant rien, il a fourni et reconstitué des décors qui ont ému, émerveillé, fait pleurer des milliers de spectateurs. C’est tout cet univers qui était ici dispersé en 276 lots. Pas de prix faramineux, mais ce n’était pas l’objet : ce sont des souvenirs que les amateurs sont venus chercher, à partir de quelques centaines d’euros pour ses épreuves argentiques d’époque et jusqu’à 5 410 € pour une gouache conçue pour La Garçonnière (The Apartment) de Billy Wilder (reproduite ci-dessous), avec lequel Trauner reçut en 1960 l’Oscar du meilleur décor en 1960. Entre les deux défilaient différentes idées de cadres comme une Rue sombre sur toile (52 72 cm) pour Les Portes de la nuit (Marcel Carné et Jacques Prévert, 1946), qui se perdait dans les ténèbres à 4 122 €, les Cochons du jour (toile marouflée sur carton, 29 90 cm), une devanture de boucherie pensée pour Irma la Douce de Billy Wilder en 1961 (4 122 € également), et un carnet de croquis reprenant des esquisses pour La Vie privée de Sherlock Holmes, de Wilder toujours et dont les pages se feuillettaient à 4 508 €. Facétieux aussi, l’homme se mettait en scène dans ses propres décors avant de se tirer le portrait… Ainsi sa casquette émergeait-elle de toits de Paris dans un photomontage (40 30 cm) enregistrant 1 030 €, sa silhouette étant ailleurs nonchalamment allongée dans un décor de rue parisienne pour Irma la Douce (voir page 13 de la Gazette ci-dessus mentionnée), et recueillant 580 €.

mercredi 16 octobre 2019 - 14:15 - Live
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Binoche et Giquello
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