Raymond de Bérenger

Le 14 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Opus photographique en écho à Paris Photo et succès pour les tirages anciens d’un pionnier récemment reconnu, Raymond de Bérenger.

Raymond de Bérenger (1811-1875), Les Portes de Sassenage, 1853, épreuve sur papier salé d’après négatif papier, 26,6 33,7 cm.
Adjugé : 30 720 

Le nom de Raymond de Bérenger (1811-1875) parle à très peu de monde, si ce n’est aux amateurs des pionniers. Il appartenait pourtant au cercle de Gustave Le Gray (1820-1884), ainsi qu’une exposition tenue au Petit Palais à l’hiver 2012 le relatait (commissariat d’Anne de Mondenard et de Marc Pagneux), montrant la modernité d’un maître et de ses élèves qui, en rupture avec l’enseignement des Beaux-Arts, ont inventé une nouvelle esthétique. Cette fois, l’un d’eux dépassait son mentor puisque si une épreuve de la Forêt de Fontainebleau de celui-ci ne prenait pas la route, celle des Portes de Sassenage de Bérenger, un tirage de 1853 d’après un négatif papier, recevait 30 720 €. L’homme a un parcours atypique : marquis et politicien, il met fin à sa carrière à la chute de la monarchie de Juillet et se retire sur ses terres de Sassenage aux portes de Grenoble, où il s’adonne à la photographie. Autour de l’année 1853, il capture son château, son parc et les paysages alentour. Ses prises de vue captivent par les lignes de construction de l’image, la maîtrise des oppositions entre ombre et lumière et la qualité de leurs tirages, prouvant que les leçons dispensées par Le Gray ont été parfaitement assimilées. Un autre disciple faisait son apparition quelques numéros plus loin avec une série de quinze épreuves de «Types espagnols», saisis vers 1854. Alphonse Delaunay (1827-1906), dont l’œuvre mérite également plus de regards, se voyait récompenser de 23 040 € pour ces figures d’un grand réalisme.

jeudi 07 novembre 2019 - 14:00 - Live
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Ader
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