Marquet et Lépine pour un vibrant hommage à Bordeaux

Le 28 janvier 2021, par Philippe Dufour

Cinquième du nom depuis sa création en 2015, cette nouvelle édition d’une vente consacrée aux «Peintures bordelaises» – et désormais très courue – a permis d’apprécier, une fois de plus, le rayonnement créatif de la capitale girondine.

Albert Marquet (1875-1947), Bassin d’Arcachon, jardin au Pyla, 1935, huile sur panneau signée, annotée au verso «Jardin Pyla 23 IIC» et datée «35», 33 41 cm (détail).
Adjugé : 141 450 

De fait, c’est toute une région qui a su attirer les artistes modernes, à l’image d’un Albert Marquet traduisant la beauté magique d’un de ses plus célèbres sites naturels. En témoigne cette vision radieuse du Bassin d’Arcachon, jardin au Pyla, peinte en 1935, à l’huile sur panneau (33 41 cm, voir l'article Albert Marquet au Pyla de la Gazette n° 2, page 85). D’une estimation haute de 70 000 €, le paysage idyllique a finalement décroché 141 450 €, ce à quoi un parcours sans faute n’était sans doute pas étranger… Passée par échange de Marcelle Marquet, l’épouse du peintre, à la galeriste Katia Granoff, l’œuvre était restée dans la même collection particulière depuis 1948. De son côté, l’architecte bordelais Jean-Paul Alaux a laissé nombre d’aquarelles de ce même bassin d’Arcachon, dont certaines ont été rassemblées en un recueil de onze estampes, intitulé Visions japonaises et imprimé par Devambez Éditeur à Paris en 1920 (dim. des feuilles : 44 30,5 cm). Était à portée, en échange de 66 420 €, l’exemplaire n° 3, l’un des dix sur papier japon accompagnés d’une aquarelle originale (il manque la cinquième planche) sur un tirage total de 300 exemplaires. Issues de collections de Bordeaux et de sa région, toutes les œuvres ont composé un large éventail de la peinture girondine – ou inspirée par le Sud-Ouest atlantique (Bordelais, Landes, Pays basque, etc.) – au XXe siècle. Ainsi, Joseph Lépine est venu fixer Le Pont de Branne sur la Dordogne ; dépeint sur carton (45 55,5 cm) à sa manière vibrante, cette vue inscrivait 7 000 €… Tandis que, sujet exotique, sa très parisienne Église Saint-Gervais récoltait 10 825 €. Pour 8 735 €, l’incontournable Ramiro Arrue nous charmait avec une Vue d’Ascain (33 46 cm) sur Isorel. Quant à Pierre-Georges Théron, peintre et fresquiste, il mettait en images Le Sacrifice de Mithra (114 146 cm), daté 1946, une scène forte couronnée par 12 300 €.
 

Joseph Lépine (1867-1943), Le Pont de Branne, huile sur carton signée en bas à droite, 45 x 55,5 cm. Adjugé : 7 000 €
Joseph Lépine (1867-1943), Le Pont de Branne, huile sur carton signée en bas à droite, 45 55,5 cm.
Adjugé : 7 000 
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