Guarracino aux claviers, Le Gray à l’objectif

Le 28 novembre 2019, par Philippe Dufour

Deux vacations éclectiques mettaient en concurrence un instrument ancien et rare et un tirage de Le Gray. Tandis qu’un délicat bronze de Joseph Bernard célébrait la grâce adolescente.

Naples, seconde moitié du XVIIe siècle, virginal italien attribué à Onofrio Guarracino (1628-1698), en épicéa, noyer, bois fruitier, touches en ivoire et ébène, 92,2 157,3 53,5 cm.
Adjugé : 106 250 

Le samedi 16 novembre, c’est un clavier bien spécifique – puisqu’à cordes pincées et non frappées – qui se mettait à jouer : un virginal (voir l'article Quand la musique s’associe à la peinture de la Gazette n° 38, page 141) fabriqué à Naples dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Son auteur ? Décor et format indiqueraient qu’il s’agit d’Onofrio Guarracino, un célèbre facteur napolitain dont on possède quelques réalisations signées, et semblables à la nôtre (92,2 157,3 53,5 cm). Le résultat remarquable de 106 250 €, à partir d’une estimation de 35 000 €, pourrait bien en être la confirmation. Sonnait ensuite, pour 13 750 €, un grand régulateur (217 64,5 x 27 cm) en placage de bois de rose dans des encadrements d’amarante. Une base galbée, un corps bombé de forme violonée et un cadran argenté, à guichet indiquant les mois et les jours du mois, faisaient toute sa beauté. Au centre du cadran, on déchiffrait «Henry Lepaute horloger des menus plaisirs du Roy à Paris». C’est un autre mécanisme qui tintait à 12 500 € : celui d’une pendule à «l’Esclave noire» (41 24 cm) d’époque Charles X, en bronze patiné et doré, figurant une femme coiffée d’une couronne et vêtue d’un pagne de feuilles, portant emmailloté son enfant dans une nacelle ; ses yeux, sertis de sulfure, ne laissent point indifférent. Le lundi 18 novembre, changement d’époque avec un bel exemple des recherches d’un des pionniers de la photographie : Gustave Le Gray. Il signait là l’une de ses fameuses Grande vague, Sète n° 17, printemps 1857, qui avait fait la couverture de la Gazette n° 37 (voir l'article Un tsunami photographique, page 10) ; elle emportait dans son écume la somme de 71 250 € (épreuve : 34,5 41,6 cm). Une sculpture vue dans la Gazette n° 39 (voir l'article La sensualité selon Joseph Bernard de la page 142) inscrivait 50 000 €, attribués à la Jeune fille se coiffant debout (h. 68 cm), modelée par Joseph Bernard en 1922, un bronze à patine brune signé «J. Bernard» et numéroté «n° 11» ; précisons qu’il s’agit d’une fonte de Valsuani, dont elle porte le cachet.

Gustave Le Gray (1820-1884), Grande vague, Sète n° 17, printemps 1857, tirage albuminé d’époque à partir de deux négatifs au collodion hum
Gustave Le Gray (1820-1884), Grande vague, Sète n° 17, printemps 1857, tirage albuminé d’époque à partir de deux négatifs au collodion humide, contrecollé sur carton, épreuve : 34,5 41,6 cm.
Adjugé : 71 250 
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